Projection-débat : ‘Les 20 ans d’une loi d’exclusion’

ASSO-Solidaires et Sud Éducation 93 et 75 vous invitent à une projection suivie d’un débat sur les 20 ans de la loi interdisant les signes religieux dans les écoles publiques, et ses effets jusqu’à aujourd’hui.
Rendez-vous le 7 novembre dans les locaux de Solidaires (31 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris) à 19h.

Le film : 15 mars 2004, la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques est instaurée après avoir provoqué des débats, des polémiques et des exclusions de lycéennes. Ce film va à la rencontre de certaines d’entre elles, dont Lila et Alma Levy, qui avaient été au centre de l’attention des médias de l’époque. 20 ans plus tard, quel regard portent ces lycéennes sur ce qui s’est passé ? Des militantes et des chercheuses sont également interrogées dans ce documentaire passionnant qui reprend 20 ans de construction d’un « problème musulman » en France, centré sur le corps des femmes, le milieu scolaire et des médias qui n’ont cessé de parler de l’islam sans donner la parole aux personnes concernées. Ce film leur redonne une voix et leur permet de poser leurs questions et proposer leurs analyses sur ce sujet qui continue de s’imposer dans le débat public. 

Le débat avec les intervenantes suivant la projection sera animé par des membres des commissions antiracistes d’Asso et de Sud Education.En tant que syndicat de transformation sociale, engagé dans la lutte contre toutes les formes d’oppression dont le racisme et le sexisme, la diffusion de ce documentaire vise à sensibiliser et informer nos membres sur la spécificité de l’islamophobie en France. Le débat permettra de nourrir les réflexions au sein de nos fédérations sur les luttes que nous pouvons mener contre le racisme en général, et l’islamophobie en particulier, dans nos milieux de travail, notamment à l’école.

Bande annonce ici https://vimeo.com/965775235/e148dc0877

Plus d’infos : antiracisme@syndicat-asso.fr

Budget 2025 : Stop aux attaques sur le financement des associations ! 

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Dans le cadre du projet de loi de finances 2025, l’amendement 1181 voté le 25 octobre à l’Assemblée Nationale prévoit de retirer la possibilité de délivrer des reçus fiscaux pour les dons si les associations sont condamnées. Les personnes donnant aux associations accusées d’entrave à l’activité économique,  intrusion dans le domicile d’autrui, ou encore le fait de « squatter » un terrain appartenant à autrui ne pourraient plus bénéficier d’avantages fiscaux. 

Encore une fois la droite (LR) et leurs alliés d’extrême-droite proposent une loi qui porte atteinte à la liberté d’association en s’attaquant à leur financement. Alors que depuis des années, les gouvernements successifs assurent une baisse constante des subventions sous différentes formes, aujourd’hui, les parlementaires tentent de museler les associations en les privant d’un dispositif de défiscalisation des dons. Les dons individuels restent une ressource importante pour de  nombreuses associations. 

Cette loi tout comme le contrat d’engagement républicain donne  à celles et ceux au pouvoir le droit de choisir qui sont les « bonnes » et « les méchantes » associations. Garantir l’indépendance des associations est une liberté importante à préserver dans toute démocratie. 

Pour les associations visées, c’est une atteinte grave à liberté de choisir leurs moyens de luttes,

Pour les travailleur-ses du secteur associatif, c’est encore un risque de perdre leur emploi, d’atteintes sur leurs conditions de travail, leur santé et leur liberté d’expression. 

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Le règlement intérieur comme outil de répression islamophobe dans le secteur associatif

Durant le mois de septembre, des menaces de licenciement ont été émises envers deux salariées de l’association Accueil et réinsertion sociale (ARS) basée à Nancy (54), au motif qu’elles portent le voile, ce qui a déclenché une mobilisation de la part de leurs collègues et de la section syndicale Sud ARS (membre de la fédération Sud Santé Sociaux). 

L’affaire a explosé médiatiquement car des AG de salarié·es ont eu lieu pour venir en soutien aux collègues mais aussi parce que le nouveau ministre de l’intérieur Bruno Retailleau a annoncé soutenir l’employeur dans sa volonté de licenciement : « Il n’est pas acceptable que des personnes cherchent à s’extraire des règles communes en matière de laïcité. Je soutiens cette association, opérateur de l’État, qui ne fait qu’appliquer la loi. En tant que ministre de l’Intérieur, je vais lutter sans relâche pour faire reculer le séparatisme ».

La commission insertion et la commission antiracisme d’ASSO-Solidaires ont pris contact avec les délégués syndicaux de SUD ARS et un communiqué de soutien aux salarié·es a été publié sur notre site internet et nos réseaux sociaux  : https://syndicat-asso.fr/soutien-aux-salariees-de-laars/ 

Les deux salariées voilées ont été visées par une modification du règlement intérieur faite discrètement pendant l’été : un nouvel article indiquant que « tout usager doit pouvoir s’adresser à un travailleur social ou à tout autre employé du service ou de l’établissement qui lui garantit, par son impartialité, une égalité de traitement et l’exclusion de toute forme de pression prosélyte ».

 Ces dispositions ont été rendues possibles par la loi El Khomri de 2016 (qui autorise la référence à la neutralité dans les règlements intérieurs) et la loi séparatisme de 2021 censées engager les associations à « respecter les valeurs républicaines » mais qui sont depuis utilisées quasi-exclusivement pour cibler les musulman·es ou perçues comme tel·les.

Néanmoins, si la loi facilite le travail des employeurs discriminante, la légalité de ces dispositions restent à vérifier au cas par cas. La jurisprudence encadre en effet de façon très stricte la question des clauses de neutralité et les employeurs se livrent souvent à une interprétation abusive de ces textes (que nous dénonçons par ailleurs).

Les membres de la commission antiracisme travaillent depuis des années sur la montée de l’islamophobie dans le milieu associatif, notamment depuis les attaques pour dissoudre des associations de musulman.ne.s et militant.e.s antiracistes comme le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) depuis la loi séparatisme. Les mesures plus ciblées se multiplient particulièrement ces derniers temps, comme à l’association Forum réfugiés (voir-ci dessous) et compte tenu de l’ambiance islamophobe particulièrement virulente, il serait peu étonnant que cela se poursuive : https://forumrefugies.reference-syndicale.fr/2023/10/22/le-nouveau-reglement-interieur-de-lassociation-valide-une-discrimination-ciblee/

Nous avons pu discuter de ces questions les 18 et 19 octobre derniers, lors de nos Universités de Saison, qui portaient cette année sur : Comment s’organiser et lutter syndicalement pour les libertés associatives et syndicales dans un contexte de répression et d’autoritarisme ? Y était présente une des déléguées syndicales de Sud ARS qui a pu parler de la lutte encore encours, et de la répression mise en place par la direction.

Il est urgent de nous mobiliser au sein d’ASSO sur cette question :

    – En se formant sur les questions d’islamophobie, en particulier au sein des sections syndicales et des permanences syndicales

    – En diffusant la brochure « Lutter syndicalement contre l’islamophobie dans le secteur associatif« 

    – En soutenant les collectifs et travailleureuses en lutte

    – En s’opposant, en tant qu’élu-es CSE et DS, à l’introduction d’article de règlement intérieur introduisant des dispositions inscrivant le principe de neutralité

    – En développant les alliances avec les syndicats (en interpro ou en intersyndicale) et les collectifs antiracistes pour faire front commun

Pour rejoindre la commission insertion : insertion@syndicat-asso.fr
Pour rejoindre la commission antiracisme : antiracisme@syndicat-asso.fr