Témoignages

Interview de membres du syndicat

Qui tiendra les promesses de Macron aux plus démuni.es ? Pas lui !!

Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé lundi 16 mars 2020 que personne ne serait laissé de côté durant l’épidémie. Le syndicat Solidaires ASSO dénonce l’incurie du gouvernement et des pouvoirs publics qui laissent au secteur associatif et à ses travailleur.ses le soin d’assumer seul.es sans aide ni accompagnement, ces promesses du Président de la république. Pour illustrer cette situation inadmissible, nous publions aujourd’hui le témoignage d’un.e membre* de notre syndicat écrit le 19 mars.

« Certaines structures de l’aide alimentaire ont cessé les distributions alimentaires, soit par peur de contracter ou propager le virus, soit par impossibilité d’assurer la logistique. On se rend compte (mais on le savait déjà) que le fonctionnement de nos associations repose essentiellement sur les bénévoles : sans eux, plus d’activité. Nos bénévoles habituel.les sont des personnes âgées, parfois à la santé fragile, souvent précaires.

Nous (salarié.es et conseil d’administration) avons donc, dès vendredi dernier, pris les  devants : réorganisation du fonctionnement, priorisation des activités, comptage des forces mobilisables, état des stocks alimentaires mais aussi des gants, gels hydroalcooliques… et commandes de ce qui manque.

Nous avons fermé toutes nos activités d’aide, à l’exception de la distribution alimentaire que nous essayons de maintenir au mieux. Les salarié.es habituellement dans les bureaux (dont je fais partie) assurent les collectes dans les supermarchés, les livraisons, les préparations de colis, les distributions … Nous avons fait un appel à bénévoles qui jusqu’à présent a fonctionné : les gens ont répondu présents, ils viennent, préparent les colis, les distribuent … le tout dans une atmosphère grave et aussi plutôt détendue : on se sent vraiment utiles et nécessaires, au front. Et aussi très humbles et invisibles. Pas d’applaudissements pour nous à 20h depuis les balcons, alors qu’on les mériterait, comme les éboueurs, les chauffeurs de bus et de tram, les caissières et tellement d’autres … Tous ceux qui permettent le « bon » confinement des autres, et empêchent (ou ralentissent) le basculement dans une plus grande précarité ou pauvreté. Comme ces livreurs à vélo, constitués en coopérative, nous ont proposé de livrer les colis aux personnes âgées, malades, habitant un peu loin. Ce genre de période révèle parfois de belles humanités ! 

Salarié.es et bénévoles en contact du public ont des gants, du gel et une distance d’un mètre à respecter, on travaille avec les fenêtres ouvertes pour l’aération.  Nous n’avons pas de masques, nous n’avons pas réussi à en trouver. Du désinfectant est à dispo dans les camions de livraisons, à utiliser entre deux chauffeurs.

Le public reçu l’est à l’extérieur de nos locaux, on essaie de garder la dignité : barnum, chaises et traits au sols pour garder un mètre entre eux. On sourit, on blague, on explique, on oriente vers le peu de structures qui sont toujours ouvertes. C’est certainement insuffisant et donc risqué pour moi, mais on ne peut pas faire mieux, objectivement. »

En guise de conclusion à ce témoignage, un ajout écrit le 20 mars.

« La Préfecture a enfin donné signé de vie [mail reproduit ci-dessous]. Il faut savoir que la Préfecture a expulsé de nombreux squatts cet été, en plein canicule, sans prévenir les acteurs sociaux et sans proposer de solutions pour les personnes qu’elle a mise en danger. Aujourd’hui que la crise sanitaire est là, qui touche les plus vulnérables et dont les conséquences seront durablement visibles, la Préfecture ne nous propose aucun moyen, aucune aide, pour nous soutenir alors que nous en avons plus que jamais besoin. Elle nous demande de respecter les consignes de sécurité et d’utiliser une plateforme municipale d’appel à bénévoles ! Nous cracher au visage serait moins insultant que ce mail… »

Voici le mail en question de la Préfecture.

Mesdames et messieurs les président(e)s d’associations

Nous vivons une situation sans précédent et je sais l’engagement qui est le vôtre et celui de vos salariés et bénévoles au services de nos publics en difficulté. Je suis également consciente que les orientations prises pour juguler la propagation de l’épidémie nécessitent à la fois que vous preniez les mesures de protections et de sécurité qui s’imposent à vos structures et que vous assuriez également la continuité des prestations, notamment pour les accueils de jour . A cet égard il est indispensable que les publics en grande précarité puissent retrouver leurs repères habituels et je vous demande de tout faire pour y parvenir.

J’ai été amenée à constater des dysfonctionnements liés à la réorganisation rendue nécessaire par ces nouvelles conditions d’exercice , soyez attentifs en cette période de crise à informer mes services de toute modification que vous seriez amenés à prendre dans votre organisation y compris si vous avez des problèmes de ressources disponibles liés au confinement nécessaire de certains de vos bénévoles. La plateforme numérique d’appel à bénévolat mise en place par la ville de Bordeaux peut vous permettre de retrouver des moyens humains.

Je sais que les demandes de masques, gels et gants sont nombreuses, néanmoins la stratégie nationale demande que les masques bénéficient prioritairement aux professionnels de santé amenés à prendre en charge des patients atteints. En tout état de cause votre réorganisation doit, pour la sécurité de tous, respecter les mesures barrières ainsi que les mesures d’hygiène.
J’espère pouvoir compter sur vous tous et vous remercie de votre mobilisation au service des plus précaires en cette période .

* Pour des raison évidentes, nous avons anonymisé ce témoignage et ne communiquons, ni la structure employeuse, ni son territoire d’action.

Des brebis noires créent les syndicats SUD : la place des femmes et des revendications féministes

En cette fin d’année, notre Camarde de la section ASSO 49 publie un livre sur la place des femmes dans la création des syndicats SUD. Une magnifique occasion de (re)découvrir l’histoire de notre mouvement syndical à travers un axe trop peu abordé malgré son actualité brûlante et sa persistance historique. Un beau cadeau de Noël (ou à n’importe qu’elle autre date) et pour les longues soirée d’hiver (ou les piquets de grève en n’importe qu’elle saison).

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Surprécarité des femmes dans le travail associatif, témoignage à l’occasion du 8 mars

Les inégalités femmes-hommes au travail impactent le secteur associatif comme tous les secteurs professionnel. Bien que le secteur associatif soit très fémininisé, avec 68 % de salariées, les hommes restent fortement majoritaires dans les directions. Les femmes sont les premières victimes de la précarité, très présente dans nos structures  avec un recours aux temps partiels, aux bas salaires, aux contrats atypiques et précaires très élevé (près de 50% des contrats). En plus de ces conditions de travail très dégradées, elles subissent, plus que les hommes,  des situations de harcèlement, de dénigrement, de reproduction de la violence masculine.  A l’occasion du 8 Mars, ASSO a décidé de publier le témoignage d’une salariée d’une association de femmes afin que tou.te.s, nous prenions conscience de cette inégalité.

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