diapo

Communiqué de Asso-solidaires

La problématique du harcèlement a toujours été centrale pour les syndicats composant l’Union Syndicale Solidaires. À tel point que la plus grande avancée juridique en la matière: la reconnaissance du harcèlement moral organisationnel comme une infraction pénale à France Télécom, est le fruit d’un combat de plusieurs années mené par un syndicat de Solidaires.

Dans ces circonstances, c’est avec stupeur que nous apprenons qu’une enquête interne a été diligentée en décembre 2025 par la direction de Greenpeace France et confiée à un cabinet d’avocat d’employeurs pour de prétendues allégations de «harcèlement moral» à l’encontre des élu·es et représentant·es du personnel. Il leur est notamment reproché d’exercer leurs mandats et de défendre les salarié·es suivant des modalités qui relèvent de la liberté syndicale et du strict respect de l’intégrité physique et morale des salarié·es.

Que la défense des salarié·es emprunte les chemins de la critique et parfois même de la radicalité n’a rien de répréhensible. En revanche, que l’action des élu·es soit ainsi stigmatisée et que les élu·es soient jeté·es en pâture interroge sur les intentions de la direction.

Cette enquête-bâillon porte en effet explicitement sur des activités syndicales, des prises de parole d’élu·es CSE dans le cadre de l’exercice de leur mandat, des critiques de décisions de la direction et du management, des mobilisations collectives et tracts syndicaux, et même l’expression d’orientations politiques ou syndicales. La conflictualité inhérente à cette expression ne peut être assimilée en soi à du «harcèlement moral». Tenter de l’empêcher relève à l’inverse d’une atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté syndicale.

Ceci d’autant plus que ces accusations interviennent dans un contexte où l’association Greenpeace France est confrontée à un plan de licenciements, dit de “sauvegarde de l’emploi” visant à la suppression d’un quart des effectifs et que les élu·es et syndicats doivent pouvoir exercer leurs prérogatives pour tenter de sauver les emplois. La fonction politique de ce dispositif d’enquête-bâillon est précisément de délégitimer et d’isoler les instances représentatives du personnel (IRP) pour neutraliser leur capacité d’agir et, en l’occurrence, de nuire à toute dynamique collective d’opposition au projet de la direction. D’ailleurs, il n’est pas anodin de relever qu’au cours d’une restitution, la direction a lu un message «anonyme» demandant la «dissolution du CSE» devant toutes et tous. Elle a expliqué que cela ne serait pas fait par «volonté d’apaisement». Non, ce n’est pas par apaisement que le CSE n’est pas dissout, mais parce que l’entrave aux IRP est susceptible de tomber sous le coup de la loi.

On peut également s’interroger sur l’agenda de cette enquête, lancée en pleine préparation du plan de licenciements (PSE) et dont les résultats ont été communiqués en plein cœur des négociations. En effet, face à des choix économiques et sociaux contestables, la direction de Greenpeace France a décidé d’instrumentaliser cette enquête menée à dessein. Ainsi, au cours de ces restitutions répétées dans des cadres différents (CSE, salarié·es, Conseil d’Administration), le harcèlement moral est présenté comme un élément avéré. La présidente de Greenpeace France est même allée jusqu’à évoquer la possibilité pour les salarié·es victimes d’agir devant le juge pénal en oubliant au passage la présomption d’innocence.

Ces accusations ainsi que les moyens significatifs déployés pour les soutenir (plusieurs dizaines de milliers d’euros) et tenter de leur donner corps, contrastent avec la faiblesse des conclusions auxquelles elles aboutissent. En effet, de l’aveu de la direction, les conclusions de l’enquête «qui mettent en avant pas suffisamment d’éléments tangibles, datés, précis, permettant de corroborer les allégations», «n’a pas amené à des faits suffisamment étayés pour appuyer solidement des sanctions». Et alors que la restitution du rapport d’expertise s’achève par ce constat «les faits établis par l’enquête ne sont, pour la plupart, pas datés de façon certaine et ne permettent pas de se prononcer sur leur éventuelle prescription, pour la plupart des salariés mis en cause.», le harcèlement n’en est pas moins présenté comme une réalité tangible.

Or, juridiquement, le harcèlement moral n’est pas seulement un manquement, c’est également une infraction pénale. Cette dernière repose sur des faits datés, circonstanciés et dûment établis, ce que l’enquête peine à caractériser. C’est pour l’ensemble de ces raisons que nous ne pouvons laisser perdurer de telles accusations et étudions toutes les conséquences qui pourraient être données à ces événements.

Contact Section syndicale ASSO de Greenpeace France: greenpeace@syndicat-asso.fr
ASSO-Solidaires: contact@syndicat-asso.fr

GRÈVE FÉMINISTE ET ANTIFASCISTE

Grève féministe et antifasciste

Le 8 mars, nous faisons grève, au travail et à la maison, et descendons dans la rue pour défendre nos droits. Cette année encore la menace est claire: l’extrême droite et les politiques qu’elle inspire attaquent les femmes, les personnes minorisées et les associations qui les soutiennent.

Féminisme contre fascisme

La situation actuelle, marquée par la mort d’un militant néo-nazi dans le contexte des municipales 2026, doit nous alerter collectivement. Nous assistons à une montée inquiétante des violences liées à l’extrême droite: menaces de mort et agressions visant des militant·es antifascistes, défilés néo-nazis dans nos rues, attaques contre nos locaux et des lieux associatifs.

Ces actes ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans un climat attisé par certaines chaînes d’information aux discours racistes et par des prises de position gouvernementales qui banalisent ces dérives.

C’est l’ensemble de notre mouvement — féministe, antiraciste, écologiste et solidaire — qui est visé. Face à cette offensive réactionnaire, nous devons rester uni·es, vigilant·es et déterminé·es à défendre nos luttes, nos droits et nos espaces.

Pas d’extrême droite dans nos défilés

Les organisations fémonationalistes telles que le collectif Nemesis se nourrissent du racisme et de toutes les oppressions pour instrumentaliser les combats féministes et imposer un ordre autoritaire. Nous demandons que tout soit mis en œuvre pour empêcher leurs tentatives de sabotage et garantir la sécurité des cortèges.

Le 8 mars, ripostons ensemble !

Nous, travailleuses et travailleurs du secteur associatif, appelons à la grève générale féministe et à la mobilisation pour défendre nos droits contre les offensives réactionnaires.

Pour ça, et parce qu’ensemble nous sommes puissantes, nous serons toutes en grève le 8 mars!

Greenpeace France : contrôler les corps pour sauver les comptes

Des méthodes dignes du pire du privé

Dans un contexte où de nombreuses autres pratiques nouvelles viennent impacter les conditions de travail des salarié·es, Greenpeace France vient de franchir une nouvelle ligne rouge : plusieurs salarié·es en arrêt maladie ont été convoqué·es pour une contre-visite ces dernières semaines par un service médical patronal.

Une salariée en ALD (affection longue durée) pour dépression et en situation de handicap l’obligeant à anticiper ses déplacements a reçu une convocation 2h avant son rendez-vous pour un rendez-vous à 2h de chez elle. Un·e autre a dû faire face à un médecin culpabilisateur et inquisiteur afin de justifier de son burn-out.

Un business lucratif sur le dos des salarié·es malades

Comme le révèle StreetPress dans son enquête d’octobre 2024, les contre-visites médicales sont devenues un business florissant où des sociétés privées se font de l’argent en harcelant les salarié·es en arrêt maladie, le tout sur la base de méthodes régulièrement “borderlines” voire totalement abusives destinées à faire du chiffre en mettant la pression sur des personnes déjà fragilisées par la maladie. C’est exactement ce que vivent aujourd’hui nos collègues chez Greenpeace France. Ces méthodes ressemblent à s’y méprendre à du harcèlement moral et à de la discrimination liée au handicap.

Quand l’argument économique en cache d’autres

Greenpeace France communique sur le maintien du salaire à 100 % durant deux ans en cas d’arrêt maladie, dans une dynamique de protection de la santé des salarié·es. Comment justifier alors la chasse institutionnalisée au “malade illégitime” sans perdre toute crédibilité ?

L’un des objectifs parfaitement assumés d’un des prestataires mandatés par Greenpeace, est de “diminuer le surcoût de masse salariale”.

Or, dans au moins un des cas qui nous préoccupe ici, Greenpeace France ne verse plus d’indemnités, la complémentaire santé (prévoyance) prend le relais du maintien de salaire après deux ans.

Quel intérêt peut avoir Greenpeace à forcer ses salarié·es malades à revenir travailler ? Si ce n’est pas toujours financier, résolument jamais humain, la réponse semble claire : à la question “Comment réduire l’absentéisme”, Greenpeace a visiblement choisi son camp. Coercitif.

“Contagion”, “ Remotivation” : Anatomie d’un argumentaire patronal

Ledit prestataire se vante “d’éviter les effets de contagion envers les autres salariés”. Est-il nécessaire de rappeler ici que ni le burn-out, ni la dépression, ni le handicap ne sont contagieux ?

Quant à “remotiver les salarié·es en situation d’abus”, l’argument serait drôle s’il n’était pas maltraitant. Un·e salarié·e en arrêt maladie a besoin de repos, de soins et de soutien, certainement pas de pression et d’acharnement.

Le stress intense et l’anxiété aiguë qu’ont ressentie les salarié·es semblent bien loin de la “remotivation” promise par le Service Médical Patronal.

« L’absentéisme a un coût », clame le SMP … visiblement Greenpeace veut le faire payer aux salarié·es.

De la désobéissance civile à la violence organisationnelle

La désobéissance civile est au cœur des valeurs de Greenpeace. Nous devrions donc savoir mieux que quiconque que légal ne veut pas dire juste ni légitime. Ces contre-visites médicales le prouvent : il s’agit bien de violence institutionnelle camouflée derrière des arguments budgétaires et organisationnels. La violence la plus insidieuse est celle qui se présente comme conforme à la loi. Greenpeace devrait être la dernière organisation à l’oublier.

La dérive autoritaire de Greenpeace France

Les contre-visites médicales abusives ne sont pas un cas isolé. Depuis plusieurs mois, Greenpeace France multiplie les pratiques coercitives et d’intimidation : enquête interne menée par un cabinet pro-patronat ciblant les voix syndicales, avec des dizaines de convocations et des potentielles conséquences juridiques et politique restrictive sur les ruptures conventionnelles, pour les plus récentes…

Dans un contexte d’incertitudes budgétaires, la logique devient limpide : réduire progressivement la masse salariale et en particulier celle des salarié·es les plus fragiles et/ou les moins dociles.

Le soin est un droit, pas un coût!

Asso-Solidaires rappelle que

  • Le droit à l’arrêt maladie est un droit fondamental
  • La maladie n’est pas une faute
  • Soumettre des salarié·es en situation de fragilité à de telles pratiques est inacceptable

Nous exigeons l’arrêt immédiat de ces pratiques d’intimidation

Greenpeace doit appliquer ses propres valeurs

Greenpeace ne peut pas d’un côté défendre la justice sociale et de l’autre maltraiter ses propres salarié·es.

Notre organisation se transforme progressivement en entreprise autoritaire qui adopte les pires pratiques du management toxique néolibéral.

Nous refusons cette dérive.

Nous ne nous laisserons pas intimider et continuerons à dénoncer ces pratiques et à défendre nos camarades et chaque salarié·e victime de toutes sortes de pressions ou d’intimidation, et par tous les moyens nécessaires à notre disposition.

La section syndicale ASSO de Greenpeace France, avec le soutien de la section de FERC de la CGT.