ASSO 31 : Kermesse des assos en lutte – reportage en images

Construction d’une journée de grève et de mobilisation

Suite à la mobilisation massive du 10 septembre 2025, une AG des travailleur·euses du secteur associatif est appelé à se réunir le 18 septembre, prochaine date de grève annoncée. Lors de cette AG réunissant travailleur·euses syndiqué·es et non syndiqué·es, les dates des 11 octobre (journée de mobilisation appelé par le Mouvement Associatif) et 16 octobre (journée de grève appelée par le syndicat Asso-Solidaires) sont communiquées et permettent d’impulser une mobilisation spécifique du secteur associatif, au-delà des dates de septembre. L’idée d’une kermesse du secteur associatif pour le 16 octobre est lancée. Un groupe s’organise pour imaginer les animations et notamment la construction d’énormes pinatas. Un autre groupe organise des tours des asso dans les semaines qui suivent. Au total, 4 tours des associations ont lieu dans différents quartiers de Toulouse, 2 pinatas sont créées, un flyer maquetté et plusieurs réunions d’orga logistique permettent l’organisation de cette Kermesse revendicative!

Le jour J – une kermesse joyeuse et déterminée

Nous nous sommes retrouvés à plusieurs militant·es grévistes pour une installation matinale de l’espace public : affichage d’un panneau “kermesse des asso”, montage de barnum, accrochage de guirlande de fanions, self-service de thé et café et mise en place des différents espaces de la kermesse. Il y avait une table d’accueil café, une zone de préparation de sandwichs, une table d’info du syndicat Asso-Solidaires, un endroit pour créer les grands panneaux en cartons avec une trame commune pour visibiliser la situation de chaque association et les afficher, un porteur de paroles sur « si les assos disparaissaient, quel impact sur ma vie? », etc. L’animation de ces différents espaces a permis rencontre et discussion. Il y a eu du passage, plein d’échanges avec des passant·es comme des salarié·es du secteur associatif venu·es discuter. Les sandwichs et crêpes confectionnés ont régalé passant·es, grévistes et collègues venu·es se joindre à la kermesse sur la pause déjeuner.

On a donc continué avec un grand moment de micro ouvert et différents types de prise de paroles :

  • deux salariées d’une association de quartier qui alertent sur les coupes de subvention
  • plusieurs collègues en lutte contre un PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi… pour pas dire plan de licenciement),
  • une camarade de Bloquons-Tout Toulouse appelant à la prochaine AG et date de mobilisation
  • des assistant·es parlementaires LFI donnant des chiffres sur l’impact des licenciements au niveau national
  • des personnes ayant participé à leur premier tour des asso qui ont réussi à mobiliser un groupe de 10 collègues à faire grève et à prendre la parole ensemble
  • le partage de l’enquête parue dans Mediapart sur l’attribution opaque des enveloppes FDVA,
  • une camarade témoignant des répressions que subit l’association féministe dans laquelle elle travaille, interdite par le rectorat de Toulouse de faire de la prévention des violences dans les écoles
  • le partage d’info sur l’existence de la caisse de grève au niveau du syndicat Asso-Solidaires

Le bouquet final de la kermesse : l’explosion des pinatas ! Un moment de lâcher prise et de franche rigolade pour finir cette Kermesse dans le joie !

Une soirée-discussion sur des grèves féministes victorieuses

Cette journée de grève s’est clôturée par une soirée rencontre à la Chapelle autour de la traduction récente du livre Borrokan ! Comment gagner une grève féministe ? aux Editions Syndicalistes. Ce livre raconte notamment comment le syndicat ELA, au pays basque sud, a remporté de nombreuses victoires dans deux secteurs ultra féminisés particulièrement précarisés. Laura, une des militant·es qui a lancé ASSO 31 il y a quelques années, et aujourd’hui membre des Éditions Syndicalistes, était parmi nous pour décrire les spécificités de fonctionnement d’ELA qui ont permis de soutenir des grèves de plusieurs mois, menées par des milliers de travailleuses du nettoyage et des maisons de retraite. Le livre dresse des portraits de ces travailleuses et met à l’honneur de véritables victoires actuelles syndicales et féministes, motivantes et inspirantes pour nos pratiques… de quoi se motiver en ces temps moroses ! Nous étions une trentaine de personnes présentes pour débattre des enjeux des grèves féministes aujourd’hui, à Toulouse et ailleurs ! Pour une présentation plus détaillée voir sur le site des éditions syndicalistes.

ASSO 34 (Hérault) : Une enquête sur les coupes de subvention dans les villes aux mains de l’extrême-droite dans le pourtour méditerranéen et une formation antifa en interpro

Nos médias indépendants locaux préférés se sont récemment allié·es pour sortir une enquête très fournie et précise, dont nous vous recommandons la lecture et dont voici l’en-tête :

Extrême droite municipale : couper, contrôler, faire taire… Une enquête collective dans le sud-est « L’une des prérogatives stratégiques des mairies est de verser des subventions aux associations locales. Comment l’extrême-droite utilise-t-elle ce pouvoir quand elle arrive aux manettes ? Nous avons analysé les comptes administratifs de 10 municipalités du sud-est pour cerner les stratégies à l’œuvre derrière les villes vitrines de la normalisation du Rassemblement national. Un travail de fourmis que nous mettons en libre service auprès des lecteurs et des citoyens. Une enquête collective réalisée par l’Arlésienne, la Marseillaise, Le Poing et Presse-papiers, le collectif de journalistes indépendants marseillaises et marseillais avec l’appui financier du Fonds pour une presse libre » https://lepoing.net/lepoing-net-extreme-droite-municipale-couper-controler-faire-taire-une-enquete-collective-dans-le-sud-est/

Il en résulte pas moins de 9 articles, s’intéressant aux réalités locales des 13 villes aux mains du RN dans le sud-est, ainsi qu’un travail important sur les données de subventions, uniformisées et mises en libre accès, permettant de s’en emparer facilement ! https://lepoing.net/datas-en-partage-les-subventions-depuis-larrivee-de-lextreme-droite-dans-10-mairies-du-sud/

Ici une infographie plutôt glaçante issue du travail d’enquête :

Focus sur Béziers

Attardons-nous sur l’Hérault avec la ville de Béziers et son très médiatique maire d’extrême-droite Robert Ménard, qui la dirige depuis déjà 12 ans…

La répression par le chantage fait taire les associations locales. Deux d’entre-elles en ont subi les frais en premier, pour cause de propos ou d’activités « trop politiques ».

  • Refus de prêt de salle municipale à une association œuvrant contre le racisme
  • Coupe de subventions ayant mené à la disparition d’un centre social de quartier populaire

Une militante associative locale anonyme résume dans l’article : « Ici c’est l’omerta, plus personne n’ose s’exprimer. Il ne faut surtout pas que nos associations soient assimilées à quoique ce soit de « politique » selon la mairie ». Nous avons très peu de camarades sur Béziers dans notre section locale, ce qui ne nous permet pas d’être très actif·ves sur cette lutte.

Pendant ce temps, une véritable bataille culturelle est menée. La mairie peut dérouler sa communication la plus crasse, à coup de centaines de milliers d’euros (près de 800k€ en 2020, plus que les subventions versées aux associations culturelles et sociales la même année). Une thèse développée par Richard Vassakos et son livre La Croisade de Robert Ménard: Une bataille culturelle d’extrême droite. Pour vous donner un ordre d’idée de ce qui se joue, voici ce qui est affiché sur les bus, les arrêts de bus, les panneaux publicitaire à Béziers et dans les journaux locaux:

Notre réponse syndicale

Notre UD a organisé deux jours de formation interprofessionnelle en février : « Agir syndicalement contre l’extrême-droite », où des camarades de VISA, de l’UD ainsi qu’un chercheur en histoire sont venu·es nous former sur le sujet. Dans le contexte plombant de la mort du néo-nazi à Lyon, se retrouver à une bonne cinquantaine a fait l’effet d’une bouffée d’air frais ! 2 camarades d’ASSO ont pu y assister et en sont ressortis avec une vision globale de l’extrême-droite française, de son antiféminisme prononcé et des liens poreux entre partis institutionnels et groupuscules violents. L’extrême-droite, mieux la connaître pour mieux la combattre !

ASSO 69 : Mobilisation contre la nuit du « bien commun »

ASSO 69 a interpellé l’ensemble des associations participantes pour leur demander de se retirer de l’évènement lyonnais, en transmettant des informations et explications sur les enjeux de ce gala de charité.
Plusieurs organisations dont la Section Carrément Anti-Stérin (SCAS) locale ont interpellé les pouvoirs publics et la multinationale lyonnaise GL Events, qui gère en délégation de service public le Centre des congrès où se tenait l’événément, pour exiger son annulation, en vain.

Solidaires Rhône et ASSO 69 ont participé à l’organisation d’un rassemblement inter-orgas avec notamment les Soulèvements de la terre, à plusieurs centaines de mètres du lieu où la Nuit avait lieu : https://www.solidairesrhone.org/spip.php?article1260

Le rassemblement a réuni environ 150 personnes, avec une prise de parole notamment d’ASSO 69 sur le contexte austéritaire dans l’associatif. Une membre d’une association participant à la NBC, après avoir reçu nos mails, est venue au rassemblement s’informer et écouter nos prises de parole. Son association n’est pas allée jusqu’à annuler sa participation mais ces mails ont provoqué beaucoup de débats internes dans les quelques associations participantes ne faisant pas partie de la galaxie de l’extrême-droite.

Le rassemblement s’est poursuivi par une manif sauvage festive avec la Fanfare à manif, jusqu’au lieu de l’événement. La police lyonnaise étant toujours bien préparée pour nous empêcher d’accéder au plus près des lieux d’organisation de l’extrême-droite, la manif sauvage a déambulé tout autour du lieu de l’événément.

Mais à l’intérieur même du bâtiment où se tenait la nuit du bien commun, une odeur démoniaque est venue troubler la fête, provoquant de nombreux départs !