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Communiqué de ASSO-Solidaires

1 er juillet 2026

C’est avec stupeur que nous apprenons les derniers événements survenus au sein de l’association Greenpeace France. La déléguée syndicale qui négocie depuis des mois contre un plan de sauvegarde de l’emploi est l’objet d’attaques graves. Un prétendu mail « anonyme » prenant ouvertement le parti de la direction a été envoyé quelques jours seulement avant une réunion des instances décisionnaires. Celles-ci devaient voter un cadre budgétaire permettant de mettre en œuvre ce plan de licenciement.

Ce courrier contient des accusations très graves à l’endroit de notre camarade et déléguée syndicale ASSO-Solidaires: des éléments de sa vie privée et de celle de son conjoint, des propos attentatoires à sa dignité ont été tenus, et lui sont également reprochés le remboursement de ses trajets pour aller négocier le PSE… Il faudrait maintenant que les élu·es paient de leur poche pour exercer leurs prérogatives.

Cette gestion des relations sociales, les pratiques discriminatoires, les actes ayant pour objet ou pour effet de dégrader les conditions de travail et d’exercice du mandat sont inacceptables.

Notre déléguée syndicale a été arrêtée et ne peut en l’état poursuivre les négociations. Une alerte pour danger grave et imminent a été lancée par des membres du CSE.

Au regard de la gravité de la situation, nous sollicitons la participation du Conseil d’administration aux négociations, afin de garantir qu’elles se poursuivent dans un cadre respectueux et loyal, dans l’intérêt des salarié⸱es et leur emploi.

Nous sollicitons également le CA de Greenpeace afin de protéger la santé et la sécurité de notre camarade, qui ne doit pas être oubliée.

Une citation directe devant le Tribunal Correctionnel de Paris est en cours de rédaction contre tous·tes celles et ceux qui ont participé à ces actes et notamment Mme Eve KAROUBI, représentante légale de l’association. Nous ne laisserons rien passer.

Contact Section syndicale ASSO-Solidaires de Greenpeace France: greenpeace@syndicat-asso.fr
ASSO-Solidaires: contact@syndicat-asso.fr

Tract intersyndical Aux salarié·es de la Branche ECLAT, Pêche de Loisir et Familles Rurales

L’urgence c’est d’agir!

L’intersyndicale vous informe et vous prépare à une rentrée mouvementée!Les propositions de l’employeur lors des réunions de travail de la fusion des branches Éclat, Pêche de loisir et Familles Rurales sont trop timides et absolument pas à la hauteur des enjeux de professionnalisation que nous portons collectivement.

Aujourd’hui, l’intersyndicale Éclat sonne l’alerte: il est temps de passer des paroles aux actes.

Nous, organisations syndicales représentatives des salarié·es réaffirmons notre engagement à défendre une convention collective ÉCLAT qui protège:

  • tou·tes les salarié·es de cette branche (+260 000 salarié·es), que ce soit dans le domaine de l’enfance, de la jeunesse, de l’environnement, de la culture;
  • tou·tes les acteur·ices qui permettent aux associations de mettre en mouvement leur projet associatif, notamment sur les missions de protection, d’éducation, de pédagogie et d’émancipation auprès de tous les publics.

Nous demandons :

  • un temps de travail annualisé à 1526h maximum,
  • une 6ème semaine de congés payés,
  • une valorisation significative des temps de déplacement, des astreintes, du travail le dimanche, et les jours fériés,
  • l’instauration d’un congé menstruel et l’amélioration des congés exceptionnels légaux
  • la redéfinition du travail de nuit et de ses compensations,
  • la révision du forfait jours dont une amplitude de 12h maximum.

Alors que l’inflation flambe (prix du gaz, prix de l’électricité, prix de l’essence, loyers, denrées alimentaires) que le SMIC progresse en juin, et sans doute à nouveau en octobre prochain, Nous venons de vivre le 11 juin une négociation sur les salaires qui n’est rien d’autre qu’une provocation. La proposition des employeurs est de: (Zéro) euro!
C’est inacceptable!
Une simple réouverture de la négociation est proposée le 3 septembre. Ce jour-là, nous exigerons une réponse à la hauteur des attentes des salarié·es de la Branche Éclat.

Nous demandons:
5% d’augmentation maintenant! pour des salaires qui permettront de vivre décemment de notre travail.

À l’État, aux départements, aux régions, aux collectivités nous disons: assez de prétextes!

Depuis des années, chaque crise, Covid, Ukraine, maintenant détroit d’Ormuz sert à justifier le gel ou pire la baisse des subventions. Pourtant, l’animation est un service public de proximité indispensable à l’épanouissement de nos enfants et de nos jeunes, à l’émancipation de tous les publics accueillis dans nos associations.

Éducation, Culture, protection de l’environnement, développement local. Toutes ces politiques doivent être financées comme essentielles!

Les salarié·es, déjà mal payé·es, ne peuvent pas être la variable d’ajustement budgétaire. Nos actions, nos métiers ne sont pas un coût mais bien un investissement et une mission de service public au service de l’intérêt général.

Il en va de la sécurité, de la pérennité de nos emplois mais surtout de la protection des publics que nous accueillons!

Nous exigeons:
• Des moyens de la part de l’État et des collectivités pour exercer nos missions,
• La reconnaissance de notre savoir-faire, nos compétences,
• Des moyens financiers à la hauteur des projets aux enjeux sociétaux,
• Des salaires permettant de vivre correctement de notre travail,

Qu’employeurs et État prennent leurs responsabilités vis-à-vis des salarié·es de la branche ECLAT.

Soutenez-nous en signant la pétition ici!

Communiqué de Asso-solidaires

La problématique du harcèlement a toujours été centrale pour les syndicats composant l’Union Syndicale Solidaires. À tel point que la plus grande avancée juridique en la matière: la reconnaissance du harcèlement moral organisationnel comme une infraction pénale à France Télécom, est le fruit d’un combat de plusieurs années mené par un syndicat de Solidaires.

Dans ces circonstances, c’est avec stupeur que nous apprenons qu’une enquête interne a été diligentée en décembre 2025 par la direction de Greenpeace France et confiée à un cabinet d’avocat d’employeurs pour de prétendues allégations de «harcèlement moral» à l’encontre des élu·es et représentant·es du personnel. Il leur est notamment reproché d’exercer leurs mandats et de défendre les salarié·es suivant des modalités qui relèvent de la liberté syndicale et du strict respect de l’intégrité physique et morale des salarié·es.

Que la défense des salarié·es emprunte les chemins de la critique et parfois même de la radicalité n’a rien de répréhensible. En revanche, que l’action des élu·es soit ainsi stigmatisée et que les élu·es soient jeté·es en pâture interroge sur les intentions de la direction.

Cette enquête-bâillon porte en effet explicitement sur des activités syndicales, des prises de parole d’élu·es CSE dans le cadre de l’exercice de leur mandat, des critiques de décisions de la direction et du management, des mobilisations collectives et tracts syndicaux, et même l’expression d’orientations politiques ou syndicales. La conflictualité inhérente à cette expression ne peut être assimilée en soi à du «harcèlement moral». Tenter de l’empêcher relève à l’inverse d’une atteinte grave à la liberté d’expression et à la liberté syndicale.

Ceci d’autant plus que ces accusations interviennent dans un contexte où l’association Greenpeace France est confrontée à un plan de licenciements, dit de “sauvegarde de l’emploi” visant à la suppression d’un quart des effectifs et que les élu·es et syndicats doivent pouvoir exercer leurs prérogatives pour tenter de sauver les emplois. La fonction politique de ce dispositif d’enquête-bâillon est précisément de délégitimer et d’isoler les instances représentatives du personnel (IRP) pour neutraliser leur capacité d’agir et, en l’occurrence, de nuire à toute dynamique collective d’opposition au projet de la direction. D’ailleurs, il n’est pas anodin de relever qu’au cours d’une restitution, la direction a lu un message «anonyme» demandant la «dissolution du CSE» devant toutes et tous. Elle a expliqué que cela ne serait pas fait par «volonté d’apaisement». Non, ce n’est pas par apaisement que le CSE n’est pas dissout, mais parce que l’entrave aux IRP est susceptible de tomber sous le coup de la loi.

On peut également s’interroger sur l’agenda de cette enquête, lancée en pleine préparation du plan de licenciements (PSE) et dont les résultats ont été communiqués en plein cœur des négociations. En effet, face à des choix économiques et sociaux contestables, la direction de Greenpeace France a décidé d’instrumentaliser cette enquête menée à dessein. Ainsi, au cours de ces restitutions répétées dans des cadres différents (CSE, salarié·es, Conseil d’Administration), le harcèlement moral est présenté comme un élément avéré. La présidente de Greenpeace France est même allée jusqu’à évoquer la possibilité pour les salarié·es victimes d’agir devant le juge pénal en oubliant au passage la présomption d’innocence.

Ces accusations ainsi que les moyens significatifs déployés pour les soutenir (plusieurs dizaines de milliers d’euros) et tenter de leur donner corps, contrastent avec la faiblesse des conclusions auxquelles elles aboutissent. En effet, de l’aveu de la direction, les conclusions de l’enquête «qui mettent en avant pas suffisamment d’éléments tangibles, datés, précis, permettant de corroborer les allégations», «n’a pas amené à des faits suffisamment étayés pour appuyer solidement des sanctions». Et alors que la restitution du rapport d’expertise s’achève par ce constat «les faits établis par l’enquête ne sont, pour la plupart, pas datés de façon certaine et ne permettent pas de se prononcer sur leur éventuelle prescription, pour la plupart des salariés mis en cause.», le harcèlement n’en est pas moins présenté comme une réalité tangible.

Or, juridiquement, le harcèlement moral n’est pas seulement un manquement, c’est également une infraction pénale. Cette dernière repose sur des faits datés, circonstanciés et dûment établis, ce que l’enquête peine à caractériser. C’est pour l’ensemble de ces raisons que nous ne pouvons laisser perdurer de telles accusations et étudions toutes les conséquences qui pourraient être données à ces événements.

Contact Section syndicale ASSO de Greenpeace France: greenpeace@syndicat-asso.fr
ASSO-Solidaires: contact@syndicat-asso.fr