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Greenpeace France : contrôler les corps pour sauver les comptes

Des méthodes dignes du pire du privé

Dans un contexte où de nombreuses autres pratiques nouvelles viennent impacter les conditions de travail des salarié·es, Greenpeace France vient de franchir une nouvelle ligne rouge : plusieurs salarié·es en arrêt maladie ont été convoqué·es pour une contre-visite ces dernières semaines par un service médical patronal.

Une salariée en ALD (affection longue durée) pour dépression et en situation de handicap l’obligeant à anticiper ses déplacements a reçu une convocation 2h avant son rendez-vous pour un rendez-vous à 2h de chez elle. Un·e autre a dû faire face à un médecin culpabilisateur et inquisiteur afin de justifier de son burn-out.

Un business lucratif sur le dos des salarié·es malades

Comme le révèle StreetPress dans son enquête d’octobre 2024, les contre-visites médicales sont devenues un business florissant où des sociétés privées se font de l’argent en harcelant les salarié·es en arrêt maladie, le tout sur la base de méthodes régulièrement “borderlines” voire totalement abusives destinées à faire du chiffre en mettant la pression sur des personnes déjà fragilisées par la maladie. C’est exactement ce que vivent aujourd’hui nos collègues chez Greenpeace France. Ces méthodes ressemblent à s’y méprendre à du harcèlement moral et à de la discrimination liée au handicap.

Quand l’argument économique en cache d’autres

Greenpeace France communique sur le maintien du salaire à 100 % durant deux ans en cas d’arrêt maladie, dans une dynamique de protection de la santé des salarié·es. Comment justifier alors la chasse institutionnalisée au “malade illégitime” sans perdre toute crédibilité ?

L’un des objectifs parfaitement assumés d’un des prestataires mandatés par Greenpeace, est de “diminuer le surcoût de masse salariale”.

Or, dans au moins un des cas qui nous préoccupe ici, Greenpeace France ne verse plus d’indemnités, la complémentaire santé (prévoyance) prend le relais du maintien de salaire après deux ans.

Quel intérêt peut avoir Greenpeace à forcer ses salarié·es malades à revenir travailler ? Si ce n’est pas toujours financier, résolument jamais humain, la réponse semble claire : à la question “Comment réduire l’absentéisme”, Greenpeace a visiblement choisi son camp. Coercitif.

“Contagion”, “ Remotivation” : Anatomie d’un argumentaire patronal

Ledit prestataire se vante “d’éviter les effets de contagion envers les autres salariés”. Est-il nécessaire de rappeler ici que ni le burn-out, ni la dépression, ni le handicap ne sont contagieux ?

Quant à “remotiver les salarié·es en situation d’abus”, l’argument serait drôle s’il n’était pas maltraitant. Un·e salarié·e en arrêt maladie a besoin de repos, de soins et de soutien, certainement pas de pression et d’acharnement.

Le stress intense et l’anxiété aiguë qu’ont ressentie les salarié·es semblent bien loin de la “remotivation” promise par le Service Médical Patronal.

« L’absentéisme a un coût », clame le SMP … visiblement Greenpeace veut le faire payer aux salarié·es.

De la désobéissance civile à la violence organisationnelle

La désobéissance civile est au cœur des valeurs de Greenpeace. Nous devrions donc savoir mieux que quiconque que légal ne veut pas dire juste ni légitime. Ces contre-visites médicales le prouvent : il s’agit bien de violence institutionnelle camouflée derrière des arguments budgétaires et organisationnels. La violence la plus insidieuse est celle qui se présente comme conforme à la loi. Greenpeace devrait être la dernière organisation à l’oublier.

La dérive autoritaire de Greenpeace France

Les contre-visites médicales abusives ne sont pas un cas isolé. Depuis plusieurs mois, Greenpeace France multiplie les pratiques coercitives et d’intimidation : enquête interne menée par un cabinet pro-patronat ciblant les voix syndicales, avec des dizaines de convocations et des potentielles conséquences juridiques et politique restrictive sur les ruptures conventionnelles, pour les plus récentes…

Dans un contexte d’incertitudes budgétaires, la logique devient limpide : réduire progressivement la masse salariale et en particulier celle des salarié·es les plus fragiles et/ou les moins dociles.

Le soin est un droit, pas un coût!

Asso-Solidaires rappelle que

  • Le droit à l’arrêt maladie est un droit fondamental
  • La maladie n’est pas une faute
  • Soumettre des salarié·es en situation de fragilité à de telles pratiques est inacceptable

Nous exigeons l’arrêt immédiat de ces pratiques d’intimidation

Greenpeace doit appliquer ses propres valeurs

Greenpeace ne peut pas d’un côté défendre la justice sociale et de l’autre maltraiter ses propres salarié·es.

Notre organisation se transforme progressivement en entreprise autoritaire qui adopte les pires pratiques du management toxique néolibéral.

Nous refusons cette dérive.

Nous ne nous laisserons pas intimider et continuerons à dénoncer ces pratiques et à défendre nos camarades et chaque salarié·e victime de toutes sortes de pressions ou d’intimidation, et par tous les moyens nécessaires à notre disposition.

La section syndicale ASSO de Greenpeace France, avec le soutien de la section de FERC de la CGT.

Salarié·e de l’associatif: syndique-toi!

Les associations du social, de loisirs, sports, culture, éducation, sont des piliers du lien social, favorisant l’émancipation des populations les plus précaires. Il est donc nécessaire d’alerter sur les politiques destructrices ayant pour conséquences des baisses de subventions, des suppressions d’emplois, des fermetures de structures. Les coupes budgétaires sont des attaques directes contre les travailleurs et travailleuses, autant que contre le public bénéficiant des prestations. Elles sèment la précarité, produisent des effets néfastes et concrets : contrats précaires, suppression d’emplois, non renouvellement de contrats, souffrance au travail, burn out…

Face à ces politiques gouvernementales, les présidences d’associations clament leur opposition, et nous les rejoignons dans cette bataille. Cependant nous ne sommes pas dupes. Car malgré son engagement, le patronat associatif, de par sa position hiérarchique au sein des bureaux d’associations, exerce un pouvoir concret sur les salarié·es qu’iels emploient. Ainsi, nombre d’entre nous subissent des licenciements déguisés, des salaires insuffisants, un chantage au “travail passion”, l’exposition à des risques professionnels structurels, notamment psychosociaux, qui menacent leur santé et leur sécurité. Nous dénonçons la contradiction qui règne dans notre milieu, entre un soutien affiché pour les mouvements politiques et syndicaux de gauche, et des choix de gestion maltraitants en interne.

ASSO-Solidaires est un syndicat qui lutte pour une transformation sociale. A ce titre, nous considérons que nous devons nous organiser collectivement pour défendre nos emplois, améliorer nos conditions de travail et assurer la survie d’un secteur qui compense souvent les ravages des politiques néolibérales et de la destruction des services publics.

Organisons-nous ! Les syndicalistes de ASSO Solidaires des Pyrénées Atlantiques appellent tous·tes les salarié·es du secteur associatif à se rapprocher des sections ASSO Solidaires déjà présentes dans leurs associations, ou de la structure Solidaires 64. Pour connaître et faire connaître ses droits, la meilleure arme c’est le syndicat!

Contre « La Nuit du Bien Commun » Rendez-vous le 4 décembre 2025 à 18h devant les Folies Bergère!

Le 4 décembre un gala de charité est organisé par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin: La nuit du Bien Commun. Catholique réactionnaire, « patriote » exilé fiscal, Stérin a fait fortune avec les coffrets Smartbox. Il a pour projet d’utiliser sa fortune pour mener une guerre idéologique et culturelle au profit de l’extrême droite.

Son plan est baptisé « Périclès », acronyme de: « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes ». A court terme: Stérin veut faire gagner l’extrême droite dans au moins 300 villes au élections municipales de 2026. A long terme: Stérin vise à la construction d’un « Etat dans l’Etat » pour diffuser ses idées réactionnaires à tous les niveaux. Il entreprend de « rechristianiser » la France en combattant le « wokisme », les menaces islamistes, l’avortement, l’immigration.

Dans l’éducation, Stérin finance des associations comme « LIFT » (à hauteur de 700.000 euros) sur le sujet de l’EVARS (Espaces vie affective, relationnelle et sexuelle) alors même qu’il déclare que «son action prioritaire en France» est de stimuler une politique nataliste chrétienne et de «souche européenne». Il participe également à l’attaque de l’école publique au travers d’associations comme « Espérance Banlieues » ou « Excellence Ruralités ». L’idée est bien de profiter de fermetures de classe et d’école rurale pour y installer des écoles privées hors contrats qui se présentent comme apolitiques et aconfessionnelles mais disent avoir été créées pour répondre au «mal-être identitaire des enfants de la France périphérique». Ces écoles privées se posent en alternative à l’école publique qui serait polluée par le «politiquement correct, une menace contre le développement de l’esprit critique de nos élèves».

Sa bataille culturelle, il la mène aussi sur le terrain des associations présentes dans des secteurs aussi divers que le sport, le social, le médico-social, la préservation du patrimoine. Les baisses et suppressions de financements publics amènent les associations à chercher des financements privés. Dans ce contexte, les associations sont particulièrement vulnérables face aux pressions financières. Toutes ces logiques financières font des associations des proies faciles pour les philanthropes qui n’ont pas toujours de bonnes intentions comme Pierre-Edouard Stérin qui fait de son fonds du bien commun un outil idéologique de son projet mortifère.

Pour mettre en œuvre son projet il s’appuie sur les Nuits du Bien Commun, dont il est cofondateur avec deux objectifs:

  • financer des associations dont les valeurs sont compatibles avec les siennes (souveraineté, solidarité, évangélisation et éducation),
  • tisser des réseaux locaux et faire émerger des profils et des soutiens à l’extrême droite et aux forces réactionnaires pour les élections à venir.

L’extrême droite s’organise – organisons-nous aussi!

Rendez-vous le 4 décembre à 18H devant les Folies Bergères!

ASSO-Ile de France : iledefrance@syndicat-asso.fr
Sud Education Paris : contact@sudecation75.fr
Sundep Solidaires Paris : sundep.paris@gmail.com