Communiqués

Prise de position d’ASSO sur certaines thématiques/certains sujets, communiqués liés à la situation de structures qui comptent des adhérents ASSO

Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Quand Greenpeace France prêche la justice sociale à l’extérieur et organise la casse sociale en interne.

Le  29  octobre,  l’Alliance  écologique  et  sociale  (AES),  dont  Greenpeace  France  est  membre, a publié un “manifeste pour une écologie protectrice”. Elle y affirme défendre “une écologie protectrice du monde du travail et des plus précaires, et qui dessine un avenir de progrès social et d’émancipation” et y met en avant cinq mesures, visant notamment à protéger  les  salarié·es  des  conséquences  sociales  des  transformations économiques nécessaires à la transition écologique.

La première de ces mesures a donc pour objectif de transformer l’activité pour ne pas licencier, notamment en accompagnant les reconversions professionnelles pour une transition écologique et énergétique juste.

Elle préconise : “des droits nouveaux pour les salarié∙es dans le cadre de la reconversion écologique, pour leur permettre de conserver leur emploi, leurs droits, la vie qu’ils et elles ont construite à proximité.”

Sur le papier, c’est ambitieux et juste. Nous ne pouvons qu’encourager et soutenir de telles demandes. Dans la réalité, pour les salarié·es et militant·es de Greenpeace, c’est la douche froide !

Pendant que Greenpeace donne des leçons et se positionne comme porte-étendard de la justice sociale, sa direction tente depuis sept mois d’imposer un plan massif de licenciements.

Pendant qu’elle défend les salarié·es des autres entreprises, ses propres salarié·es subissent une gestion autoritaire et néolibérale qui bafoue leurs droits et impacte lourdement leur santé.

Pendant que Greenpeace France s’affiche aux côtés des syndicats, ses propres syndicalistes dénoncent des atteintes à leurs droits et libertés.

Les licenciements ne sont pas une fatalité

Nous, section syndicale ASSO de Greenpeace France, sommes en tout point d’accord avec la première mesure du manifeste : Il faut en finir avec les licenciements comme politique de gestion. Les salarié·es ne sont pas une variable d’ajustement économique.

Pourtant, c’est bien la direction de Greenpeace qui nous explique que c’est une fatalité “économique”, faisant écho au fameux slogan néolibéral : « There Is No Alternative ! « 

Or, un rapport d’expert indépendant montre de manière très claire et objective que nous ne sommes pas dans une situation d’urgence nécessitant ces licenciements. La direction, elle, choisit d’attiser la peur à coup de projections alarmistes brandies comme des évidences.

Et quand les salarié·es démontrent que d’autres alternatives sont possibles et désirables pour éviter les licenciements, la direction, elle, les réduit à des ajustements à la marge.

Le premier projet présenté par la direction de Greenpeace France était si fragile qu’elle a dû retirer sa demande d’homologation auprès de l’administration. Elle en prépare aujourd’hui une nouvelle version, tout en refusant de rouvrir les négociations.

Qui paie la facture ?

Le plan de licenciement entraînait 33 suppressions de postes au départ, 23 aujourd’hui, et la direction continue d’ignorer les alternatives solides portées par les salarié·es et les militant·es.

Les postes visés sont majoritairement ceux des salarié·es “subalternes”, parmi les moins payé·es, des postes que la direction juge “moins impactants” ! Les postes de manageurs et manageuses sont, eux, largement préservés alors qu’ils pèsent le plus lourd dans la masse salariale. C’est logique, vu la nécessité économique !

Autre point d’alerte : dans la première version de ce plan de licenciement, 11 des 14 élu·es et syndicalistes relevaient de catégories professionnelles touchées par des suppressions de postes.

Un hasard, peut-être ? C’est surtout une ironie bien amère pour une organisation membre de l’AES.

Deux visages

Alors, dans cette situation absurde, quelle Greenpeace croire ?

Celle qui appelle à une transition écologique et sociale sans licenciements, respectueuse des salarié·es et du droit syndical ? Ou celle qui sacrifie une partie de ses salarié·es sur l’autel de la nécessité économique et étouffe la contestation en interne ?

Celle qui prône la transparence et prétend donner plus de poids aux instances du personnel (“les représentant·es du personnel doivent avoir accès aux données leur permettant d’évaluer les conséquences sociales, sanitaires et écologiques des décisions patronales”, lit-on dans ce manifeste) ? Ou celle qui, depuis des années, prive sa section syndicale de négociations annuelles obligatoires, et son CSE de la base de données économiques, sociales et environnementales et des consultations obligatoires ? Autant de droits arrachés de haute lutte pour que les salarié·es aient prise sur les décisions qui les concernent.

Encore une fois, l’association donne des leçons, mais ne se les applique pas.

Nous,  syndicalistes  et  travailleur·euses  à  Greenpeace,  dénonçons  cette  hypocrisie intéressée. La justice sociale n’est pas un slogan de campagne ni un outil de communication. C’est une exigence qui s’applique aussi à celles et ceux qui la proclament.

La direction de Greenpeace France doit commencer par prêcher par l’exemple: écouter les alternatives proposées par ses salarié·es et militant·es pour éviter un maximum de licenciements dans sa propre organisation.

Nous confirmons que l’écologie sans justice sociale est une impasse. Mais la justice sociale sans cohérence entre les paroles et les actes n’est qu’une imposture.

Nous rappelons à Greenpeace France que dénoncer le greenwashing des grandes entreprises, c’est bien, mais éviter de faire du socialwashing, c’est mieux. Critiquer les autres ne donne de facto ni vertu ni totem d’immunité.

Pas de frontières à la lutte des classes

Le manifeste de l’AES défend à juste titre les salarié·es de l’industrie : la transition écologique ne doit pas se faire sur leur dos.

Mais ce qui vaut pour une usine vaut pour une organisation écologiste. Un contrat de  travail reste un contrat de travail, un licenciement reste un licenciement, même quand il est signé par Greenpeace. Comme dans les autres secteurs, nous subissons l’arbitraire et la violence de la hiérarchie, les inégalités salariales, les placardisations, les discriminations : le patronat associatif n’a rien à envier aux autres.

La lutte des classes ne s’arrête pas à la porte des associations. Partout, la facture retombe sur les mêmes : les plus précaires.

Nous le répétons, les licenciements ne sont une fatalité nulle part, ni dans l’industrie, ni dans les services, ni dans le monde associatif.

Travailleuses et travailleurs de tous les secteurs, unissons-nous. Mettons fin à l’hypocrisie des employeurs, associatifs ou non, qui prétendent porter nos luttes tout en les trahissant chez eux.

La section syndicale ASSO-Solidaires de Greenpeace France

Associations : on arrête tout les 31 octobre, 4 novembre et à partir du 5 novembre, tant qu’il le faudra !

Associations : on arrête tout les 31 octobre, 4 novembre et à partir du 5 novembre, tant qu’il le faudra !

Alors que les lycéen·nes se battent pour étudier dans des classes dignes,
Alors que les prix grimpent et que nos salaires n’ont pas suivi,
Alors que l’État coupe dans les budgets, mais pas dans les cadeaux aux plus riches,
Alors que la répression est la seule réponse de l’État aux revendications

Nous, travailleureuses du secteur associatif disons stop !

Ce qui arrive aux lycées arrive à nos associations

Manque de personnel, locaux qui s’effritent, équipes à bout : les lycéen·nes décrivent ce que nous vivons dans nos structures. Ce n’est pas un hasard. L’austérité qui détruit les lycées est la même qui détruit nos emplois.

Depuis des années, l’État se décharge sur les associations de ce qu’il ne veut plus assumer : accueil des enfants, insertion, aide aux plus fragiles, sport, culture. Il le fait au moindre coût, puis il réduit les financements. Résultat : 2,2 milliards d’euros de subventions perdus depuis 2024, plus de 12 000 emplois supprimés dans l’économie sociale et solidaire, une association sur deux en difficulté. Un plan social silencieux, dont personne ne parle, alors que nous sommes 1,9 million de salarié·es.

Ce n’est pas un manque d’argent. C’est un choix politique. Les entreprises du CAC 40 ont versé 100 milliards d’euros de dividendes en 2024. L’argent existe : il est mal réparti !

Précaires par construction

Pendant ce temps, on nous demande de faire plus avec moins, et on nous met en concurrence. Les appels à projets obligent les associations à se battre pour des financements de quelques mois. Les « contrats à impact social » laissent des investisseurs privés décider quelles solidarités sont rentables.

Dans nos métiers, cela donne :

  • des salaires qui ne permettent plus de finir le mois ;
  • des animateur·rices payé·es environ 52 € par jour (le « contrat d’engagement éducatif ») pour des journées de plus de 11 heures ;
  • des temps partiels à 10 heures par semaine, des journées coupées, des doubles coupures ;
  • des volontaires en service civique ou des salarié·es en contrat aidé qui font le travail de vrais postes, sans les droits qui vont avec ;
  • des collègues qui partent et ne sont pas remplacé·es.

Nous sommes une des variables d’ajustement des budgets publics. Ça suffit !

Ce qu’on veut

  • Des salaires qui permettent de vivre, augmentés et indexés sur les prix.
  • Des financements durables pour les associations, plutôt que des appels à projets, et un budget juste pour les services publics, financé par la taxation des superprofits.
  • Un vrai contrat pour tout le monde : un CDI, une convention collective, et la fin des contrats au rabais.
  • Du pouvoir pour les salarié·es : le droit d’avoir des représentant·es du personnel, même dans les petites structures.
  • La liberté d’agir : fin du « contrat d’engagement républicain », qui permet de couper les subventions aux associations qui déplaisent.
  • Droit de véto des salarié.es aux instances décisionnaires des associations sur tout point qui concerne les conditions de travail

Les dates

  1. Samedi 31 octobre : dans la rue avec la jeunesse et le mouvement contre la vie chère.
  2. Mercredi 4 novembre : grève de la branche ÉCLAT (animation, périscolaire, centres sociaux, éducation populaire). L’animation est le laboratoire de la précarité : 42 % de CDD, 53 % de temps partiel, 30 % de salaire en moins que la moyenne. Il est temps d’ouvrir de vraies négociations salariales.
  3. Jeudi 5 novembre : grève dans tous les secteurs. Tout le secteur associatif est appelé à s’arrêter.
  4. Jusqu’à fin décembre : Nous appelons à tout arrêter tant que nous n’aurons pas obtenu satisfaction

Une journée ne suffira pas : on reconduit !

On le sait : une journée de grève, on la compte dans le meilleur des cas, et on l’oublie. Ceux qui nous dirigent comptent sur notre fatigue. Ils n’ont peur que d’une chose : que le pays s’arrête.

Le 5 novembre doit donc être un point de départ. Pour tenir, on s’organise dès maintenant :

  1. Faisons des assemblées générales, dans nos structures et entre collègues de différentes associations. Pas besoin d’être syndiqué·e ni de s’y connaître. Les grévistes décident ensemble de continuer.
  2. Montons des caisses de grève, pour que les plus précaires puissent tenir.
  3. Parlons à nos collègues, aux bénévoles, aux parents, aux usager·es. Plus on est nombreux·ses, plus on est fort·es !

Notre préavis couvre toutes et tous les salarié·es de l’associatif, quel que soit leur contrat : on peut faire grève en CDD, en CEE, en contrat aidé ou en CDI, du 31 octobre jusqu’au 31 décembre 2026.

Un doute ? Contactez-nous, on vous répond.

Nos associations tiennent debout grâce à nous. Le 5 novembre, on s’arrête. En grève jusqu’à la victoire !

Visuel qui papelle à la grève le 5 novembre et à la reconduire à partir du 6 novembre

ASSO-Solidaires – Union syndicale Solidaires – 31 rue de la Grange-aux-Belles, 75010 Paris – contact@syndicat-asso.fr

ASSOCIATIONS : LE PLAN SOCIAL SILENCIEUX EST EN COURS. L’ÉTAT, LES COLLECTIVITÉS ET LES EMPLOYEURS DOIVENT AGIR ! EN GRÈVE LE 16/10/2026 (appel intersyndical)

Plus de 12 000 emplois déjà supprimés dans l’économie sociale et solidaire, des effectifs associatifs en recul entre fin 2024 et début 2025, 53 % des associations employeuses en difficulté financière fin 2025 : le plan social est là, et personne n’en parle. 1,9 million de salarié·es travaillent dans les associations, soit 9 % de l’emploi privé.

TOUTES ET TOUS MOBILISÉ·ES POUR NOS ASSOCIATIONS

L’intersyndicale appelle l’ensemble des salarié·es de la branche ÉCLAT, de Famille Rurale, de la Pêche de loisirs et de la Protection du Milieu Aquatique et plus largement du monde associatif à se mobiliser le vendredi 16 octobre 2026.

Notre secteur est indispensable. En France, chaque personne peut bénéficier du travail de ses salarié·es : accueil des enfants, association sportive, animation culturelle, éducation à la citoyenneté, protection de l’environnement, formation et insertion professionnelle. Et pourtant, nous sommes invisibles.

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