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Centres de soins à la faune sauvage : La défense des animaux ne peut justifier la maltraitance et l’exploitation des humains

COMMUNIQUÉ SYNDICAT ASSO SOLIDAIRES HÉRAULT

« Première chose : un protocole d’accord est joint au contrat et stipule que les heures supplémentaires sont bénévoles, c’est-à-dire ni payées ni récupérées. »

Extrait du témoignage d’un ex salarié de l’association Goupil Connexion

Stop à l’omerta !

Au deuxième semestre 2025 dans l’Hérault, la situation des salarié·es au chevet de la faune en détresse s’est révélée plus que jamais préoccupante:

  • départ des 4 salarié·es à l’hôpital de la faune sauvage de l’association Goupil Connexion à Laroque, suite aux nombreuses transgressions au droit du travail et pressions psychologiques;
  • licenciements économiques des 4 salariées du centre régional de sauvegarde de la faune sauvage de l’association LPO Occitanie à Villeveyrac.

Proposer une offre de soins pour des animaux sauvages est une entreprise titanesque et les ambitions de départ – soigner tous les animaux ! – encouragent la création de projets démesurés, sans commune mesure avec les ressources à disposition, tant financières qu’humaines, ainsi qu’une omerta sur les conditions de travail du personnel.

Les dirigeant·es bénévoles se reposent, pour mener leur projet, sur des volontaires, stagiaires et salarié·es le plus souvent très jeunes et composées en majorité de femmes ; ils organisent un surinvestissement des équipes causant des situations personnelles terribles (dégradation de la santé physique, nécessité de suivis psychologiques, prises d’anxiolytiques, démissions et ruptures conventionnelles en nombre…).

Aucun outil de régulation des heures supplémentaires et risques psycho-sociaux ne sont effectivement mis en place. Au contraire, la personne souhaitant préserver sa santé mentale est souvent stigmatisée et culpabilisée.

Des salarié·es de centres de soins héraultais nous ont par exemple signalé ces dernières années:

A Goupil Connexion (Laroque):

  • pressions psychologiques / humiliations / agressions physiques et verbales
  • non récupération/rémunération du travail le dimanche, des jours fériés et des heures supplémentaires

A Goupil Connexion (Laroque) et au centre de sauvegarde LPO Occitanie (Villeveyrac):

  • dérives dans le travail de volontaires en service civique
  • animaux ramenés à la maison pour être nourris la nuit
  • transgressions à la convention collective du secteur (ECLAT), avec notamment:
    • des amplitudes horaires de plus de 12h
    • des journées de travail continu de plus de 10h
    • des pauses de 45 minutes minimum obligatoires non respectées voir non prises (notamment pour les temps de repas)
    • etc.

Nous tenons à disposition des journalistes intéressé·es:

  • 15 témoignages (publics ou anonymisés)
  • des contacts de bénévoles, stagiaire, ancien·nes salarié·es de ces structures souhaitant témoigner

À Goupil Connexion, où 14 (!) soigneurs·euses se sont succédé·es depuis 2021, une direction bénévole profondément dysfonctionnelle aura causé l’écrasante majorité de départs dans un climat délétère.

À la LPO Occitanie, outre des problèmes intrinsèques mentionnés plus haut, les licenciements sont la conséquence non pas d’une baisse de subventions (malgré une légère hausse ces dernières années, la part des subventions ayant toujours était dérisoire), mais d’une décorrélation entre le dimensionnement du projet imposé par les dirigeants bénévoles et les ressources financières réelles. Les salariées en ont payé le prix sous la pression des adhérent·es et bénévoles refusant toutes régulation drastique des accueils d’animaux.

Notre syndicat dénonce les abus et maltraitances des dirigeant·es associatifs sur les salarié·es, stagiaires et volontaires des centres de soins à la faune sauvage.

Nous demandons une réaction des pouvoirs publics, notamment les inspections du travail et médecine du travail, qui, alertés à de nombreuses reprises, n’ont pas pris la mesure des dérives dans ces associations.

Nous appelons la région Occitanie à exiger, de la part des associations bénéficiaires de subventions d’investissements pour la création de centre de soins (Pyrénées-Orientales, Tarn-et-Garonne), des plans de financement pérennes pour garantir des emplois durables, des conditions de travail respectueuses des personnes et du droit, et à viabiliser les projets de sauvegarde de la biodiversité déjà existants.

De même, nous demandons, pour une potentielle création d’un centre de soins sur la ville de Montpellier et pour une éventuelle réouverture du centre de sauvegarde de Villeveyrac, que ces projets tiennent compte des dérives du passé et soignent les animaux sans blesser les humains qui s’y investissent.

Enfin, nous souhaitons que la médiatisation de ces abus dans ces structures héraultaises permette de libérer la parole au niveau national afin que d’autres salarié.es, stagiaires et volontaires ailleurs en France puissent dénoncer leurs conditions de travail dans ces structures.

© Syndicat ASSO-Solidaires, section locale ASSO34

Contact presse : asso34@syndicat-asso.fr

Secteur social : toutes et tous en grève les 16, 17 et 18 décembre 2025 !

ASSO-Solidaires rejoint l’appel des 13e Rencontres nationales du travail social en lutte : trois jours de grève ce mardi 16, mercredi 17 et jeudi 18 décembre 2025 contre les politiques austéritaires, racistes et libérales qui précarisent le secteur du travail social, les travailleur⋅ses et les personnes accompagnées.

L’appel des Rencontres nationales du travail social en lutte :

« Le secteur du social est attaqué de tous les côtés par des politiques austéritaires (coupes budgétaires, plans de licenciement, tarifications à l’acte…) racistes et libérales (appel à projet, mise en concurrence, privatisation de nos interventions, attaque sur les droits des
plus opprimé.e.s…). Ce constat reflète la précarisation de notre secteur,
travailleur.euses, étudiant.es, personnes accompagnées, et met à mal de toutes les formes de solidarité.

La réforme des diplômes et l’attaque de nos conventions collectives, produit une maltraitance des personnes accompagnées et de nos collègues.
Malgré le défilé des ministres, la politique patronale et gouvernementale reste d’une stabilité sans faille : casser nos budgets, dégrader nos conditions de travail et les conditions de vie des personnes que nous accompagnons.

Il y a urgence à stopper ces attaques et à obtenir de meilleurs salaires et de
nouveaux droits. Nous nous mobilisons avec la grève générale comme perspective pour renverser le rapport de force. L’ampleur du mouvement social de la rentrée n’en est qu’un premier exemple et nous donne de l’espoir. Dans le secteur social les luttes locales existent, il faut les regrouper.
Soutenons toutes les luttes dont celles des personnes accompagnées.

Nous ne voulons plus baisser la tête ou détourner le regard, en finir
avec la résignation :
– Organisons des AGs dans nos établissements, dans nos services, et dans nos villes pour construire la mobilisation et adressons nous à nos collègues
– Organisons des Piquets de grève
– Soyons solidaires des luttes, organisons nous et réagissons par tous les moyens, ne restons pas seuls face à la répression patronale et étatique. »

Le 18 décembre 2025, une journée de mobilisation plus large est prévue à l’occasion de la Journée internationale des migrant·e·s. Le syndicat ASSO-Solidaires rejoint l’appel « Journée sans nous : si on s’arrête, tout s’arrête ! » (lien vers l’article). Travailleur·se·s du social, du médico-social, de l’associatif de tous secteurs professionnels, toutes et tous en grève et dans la rue le 18 décembre !

Le syndicat ASSO-Solidaires

Le 18 décembre, toutes et tous en grève pour la journée internationale des personnes migrantes !

ASSO Solidaires soutient l’appel des collectifs de sans-papiers, de mineur⋅es isolé⋅es et de la Marche des Solidarités à faire du 18 décembre, journée internationale des personnes migrantes, une journée de lutte et de grève à l’échelle de tout le pays.

La dernière loi dite « Asile et Immigration » (janvier 2024) et la circulaire du ministre de l’Intérieur de l’époque Bruno Retailleau (mai 2025) rendent la régularisation des personnes sans-papiers quasiment impossible.
Restrictions drastiques des conditions d’accueil pour les demandeur⋅euses d’asile, refus de régularisation, refus de premier titre de séjour ou de renouvellement de titre de séjour, augmentation des temps d’attente en préfecture, délivrance généralisée et systématique des obligations de quitter le territoire français (OQTF), placements en rétention… sont autant d’atteintes aux droits et à la dignité des personnes étrangères et doivent cesser. Parmi les derniers exemples en date, nous dénonçons l’augmentation des niveaux de français requis pour l’obtention des titres de séjour et naturalisation – alors même que les formations linguistiques sont désormais dématérialisées. Les derniers débats sur le vote du budget 2025 font aussi le jeu de l’extrême droite, en menaçant le droit au logement des étudiant⋅es internationaux⋅ales par la suppression de leur accès aux APL.

Le syndicat ASSO-Solidaires dénonce vivement l’instrumentalisation d’associations et de leurs travailleur⋅euses pour l’application de politiques publiques racistes de l’État. Ces dernières impactent à la fois les travailleur⋅euses du secteur associatif, mais aussi les publics pour lesquels les associations se mobilisent.

Dans ce contexte, ASSO-Solidaires revendique :
• les mêmes droits sociaux pour toutes et tous ;
• la garantie de la liberté de circulation et d’installation ;
• la régularisation de tout·es les sans-papiers ;
• la fermeture des Centres de Rétention Administrative (CRA) ;
• l’abrogation de toutes les lois dites « immigration » et du Code de l’Entrée, du Séjour des Étrangers et du Droit d’Asile (CESEDA).

La politique du gouvernement français alimente le racisme et la surexploitation des immigré⋅es, travaillant dans l’associatif ou d’autres secteurs professionnels, avec ou sans papiers, faisant du traitement inégalitaire et stigmatisant des personnes étrangères la norme. C’est dans ce contexte qu’ASSO Solidaires soutient l’appel “Journée sans nous : si on s’arrête, tout s’arrête !”.

Première, deuxième, troisième génération et soutiens : le jeudi 18 décembre
2025, soyons toutes et tous en grève aux côtés des collectifs mobilisés, des
autres syndicats et de tout·es les travailleur⋅euses migrant⋅es !