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ASSO-Solidaires Section locale Ile-de-France: APPEL A LA GREVE DU 22 JUILLET AU 8 SEPTEMBRE 2024

Paris, le 17 juillet

Le syndicat ASSO-Solidaires Île-de-France appelle à la grève pendant la période des jeux Olympiques et Paralympiques dans le secteur associatif, en attendant une mobilisation plus large et offensive à la rentrée face au contexte de montée de l’extrême-droite suite à des années de politiques libérales, antisociales et racistes. Alors que le gouvernement a multiplié les attaques contre les associations, les travailleur-ses du secteur associatif sont mises à contribution pour assurer de multiples activités à moindre coût pour cette fête dite « populaire » qui n’en a que le nom !

Étonnamment les prescripteurs demandent cette année que les accueils d’été (centre de loisirs, permanences d’accès aux droits, accueil de jour, etc.) soient ouverts en août. Alors que les autres années les collectivités territoriales ne se souciaient aucunement de savoir si ces services étaient proposés en période estivale, il est demandé une « continuité de service » cette année sans toujours avoir des moyens alloués en plus ! Sans personnel en plus recruté (faute de moyens), les employeurs jouent avec les plannings de congés des salarié·e·s pour assurer leurs missions.

En plus de cela 45 000 travailleur·se·s gratuit-e·s seront amené·e·s à réaliser les tâches ingrates pour que les sponsors se fassent des milliers d’euros sur leur dos.

L’argent public dédié aux JOP (environ 3 milliards d’euros) est totalement indécent dans un contexte où le gouvernement décide de réaliser plus de 10 milliards d’euros d’économies en 2024, dont une partie touche fortement le secteur associatif (jeunesse, écologie, culture, solidarité, etc) déjà fragilisé par un manque de moyens généralisé, des besoins sociaux grandissants, des contrats précaires et donc des conditions de travail souvent mises à mal. Le budget des collectivités territoriales (départements, villes) rien que pour le passage de la flamme est absolument choquant (180 000€ pour un département) quand la plupart n’arrêtent pas de parler de baisses de moyens et que certaines ont même décidé d’année blanche en 2024 pour certaines associations, notamment sportives et culturelles.

Ces politiques d’affaiblissement du secteur associatif, en même temps que celui des services publics, contribuent indéniablement à la montée de l’extrême droite.

En Seine St Denis, des crédits sont alloués pour que les jeunes puissent partir en vacances loin des épreuves. A Paris, il est demandé de ne pas organiser des sorties « hors les murs » dans les centres de loisirs pour des questions de sécurité. De plus, alors que Macron avait garanti qu’il n’y aurait plus une personne à la rue en France, à Paris et en Ile de France les opérations d’évacuation des personnes vivant dans des squats et à la rue sans proposition de solutions d’hébergement se multiplient (voir les travaux du collectif Le Revers de la Médaille).

Cette « fête populaire » va en plus accueillir la délégation et les sportifs d’un État Israélien coupable d’un génocide en cours sur la population Palestinienne.

Par ailleurs, l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques promet une aggravation des atteintes aux libertés publiques pendant la période, qui perdura au-delà des JOP. Nous apprenons par exemple que des périmètres de sécurité seront mis en place dans les lieux de compétition qui restreindra notre liberté de circulation. Sans compter les outils de répression mis en place pour bâillonner toute forme de contestation (surveillance de masse, périmètres de sécurité, projet de restriction du droit de grève pour les cheminots, etc.). Pendant cette période, la vie en Ile-de-France ressemblerait presque à un épisode de Black Mirror.

Alors que certains sont « forcés à télétravailler » car ils n’auront pas accès leur lieu de travail, on demande aux autres de privilégier la marche et le vélo pour que les touristes qui payent 4 euros le ticket de métro puissent ne pas être dérangés dans leurs déplacements.

Pour ces raisons, notre organisation syndicale appelle les salarié·e·s des associations à se mettre en grève sur la période des Jeux Olympiques et Paralympiques du 22 juillet 2024 au 8 septembre 2024 et se réserve donc la possibilité de mobilisations et d’actions ou de s’associer aux initiatives qui se déclencheront, durant ces prochains mois, dans la capitale comme en province ou en outre-mer.

Nos revendications :

  • Un renforcement du budget de l’État et des pouvoirs publics par le haut plutôt qu’en réalisant des économies sur la solidarité, la jeunesse, la culture, l’écologie, etc.
  • Un financement des associations à la hauteur des besoins sociaux auxquels elles répondent, avec une juste rémunération des professionnels de ces structures. Par exemple un milliard d’euros pour les associations comme demandé par le Collectif des Associations Citoyennes (et qui correspond à un peu moins que le budget annuel de la généralisation du SNU).
  • Limiter l’exploitation du bénévolat comme source de travail gratuit pour réaliser les missions d’intérêt général de l’État.
  • La fin du financement par appels d’offres ou appels à projets, mais par du soutien financier au fonctionnement et un allégement de la charge administrative
  • Exiger notre dû : l’augmentation des salaires dans le public comme dans le privé et le SMIC à 2000 euros nets
  • Abrogation de la réforme des retraites et retour à une retraite à 60 ans avec 37,5 annuités.
  • Abrogation de la loi séparatisme et du Contrat d’Engagement Républicain
  • Abrogation du Service National Universel
  • Abrogation du volontariat en service civique
  • Arrêt de la criminalisation des militant·e·s du mouvement social (syndicalistes, écologistes, propalestinien·ne·s, quartiers populaires, etc.)
  • La défense, l’accès et le développement des services publics de qualité partout sur le territoire, gages d’égalité, de cohésion sociale, d’accès aux droits. Ces services publics, dont les associations sont parties intégrantes, sont indispensables pour lutter contre la montée de l’extrême-droite et la bifurcation écologique.

Section ASSO 29 (Finistère) : de nombreuses rencontres et actions au programme

ASSO 29 organise de nombreuses soirées de rencontres et d’échanges sur la question du salariat associatif :

  • « Comment ça va dans ton asso ? » : un cycle de 4 soirées de réflexion et d’enquête, pour faire se rencontrer des salarié.es pour partager des problématiques de travail en milieu associatif. L’événement est co-organisé avec Réseau Salariat 29, de février à mai 2024. « Te plains pas, c’est pas l’usine », « C’est pour la bonne cause », « Transformation sociale, gestion excel ! », et « Vous avez dit « Démocratie » ? »
  • Rencontre avec l’observatoire des libertés associatives, le jeudi 21 mars 2024, a rassemblé 20 personnes. Soirée coorganisée entre le syndicat ASSO Solidaire 29 et le Patronage Laïque Guérin. « La situation des libertés associatives en France, l’autocensure dans l’éducation et les ripostes existantes et souhaitables ! »

Comment ça va dans ton asso ?

Ce cycle a pour objectif de faire se rencontrer des salarié.es pour partager des problématiques de travail en milieu associatif.

Ces 4 temps d’échanges et de récits sur le travail seront articulés autour de différents temps et ateliers d’animation ou d’enquête pour réfléchir collectivement à des perspectives d’émancipation.

Te plains pas c’est pas l’usine ! mercredi 14 février 2024 (10 personnes)
Si le travail associatif a longtemps été associé à un geste de résistance permettant un certain engagement au service de valeurs partagées, la dégradation des conditions de travail de plus en plus pesantes tendent à relier l’éthique du dévouement à une certaine auto-exploitation dans des secteurs d’activités de plus en plus précaires…
* La soirée alternera différents temps d’échanges et de récits autour de problématiques de travail en milieu associatif. Un temps spécifique s’attardera sur l’ouvrage « Te plains pas, c’est pas l’usine. L’exploitation en milieu associatif » . Zalzett Lily et Fihn Stella, Niet éditions – 2020.

C’est pour la bonne cause ! mercredi 13 mars 2024 (20 personnes)
Le salariat en milieu associatif s’est essaimé sur une promesse d’émancipation et un désir de travailler autrement. Cependant, aujourd’hui de nombreux cas font état de désillusions, de conflits voire de souffrance au travail où le désenchantement prend peu à peu la place de l’espérance…
* La soirée alternera différents temps et ateliers d’animation et d’enquête autour de problématiques de travail. Un temps de décryptage des ambivalences qui traversent le milieu associatif sera étayé par la lecture et l’arpentage du livre « C’est pour la bonne cause ! Les désillusions du travail
associatif ». Simon Cottin Marx, éditions de l’Atelier – 2021.

Missions sociales, gestion Excel ! mercredi 10 avril 2024
La professionnalisation des associations s’accompagne trop souvent de leur marchandisation. La dérive gestionnaire des « entreprises associatives », leur devenir de prestataires, leur mise en concurrence par des logiques de marché (appel d’offre, appel à projet…), tout comme le management et les impératifs de performance ou de rentabilité métamorphosent le monde associatif, au détriment de l’utilité sociale…
* La soirée s’appuiera à échanger sur la complexité du travail en milieu associatif à travers le 1er rapport de l’observatoire citoyen de la marchandisation des associations, paru en 2023.

Vous avez dit : « Démocratie » ? mercredi 15 mai 2024
La démocratie est une affaire de base et de sommet tout comme la relation employeur-salarié est une singularité du travail en milieu associatif. Si d’aucuns affirment que les associations sont des espaces de vitalité et d’expérimentation démocratique, derrière cette parure, de nombreux rapports de dominations et de hiérarchies sont à l’œuvre. Les méthodes de gestion et d’organisation du travail, sous couvert de participation, n’expriment-elles pas une démocratie en trompe-l’œil ?

Rencontre avec l’observatoire des libertés associatives

Le jeudi 21 mars 2024 (20 personnes)
Soirée coorganisée entre le syndicat ASSO Solidaire 29 et le Patronage Laïque Guérin.

  • Présentation des travaux de l’observatoire et de la situation des libertés associatives en France par Antoni Delfini, sociologue et membre de l’observatoire.
  • Présentation des enjeux, problématiques et menaces de dissolution, temps d’échanges autour des différentes typologies d’entraves et contextualisation au regard de l’actualité locale.
  • Présentation du contrat d’engagement républicain (CER).
  • Esquisse du travail d’enquête en cours de l’observatoire concernant l’autocensure dans les structures d’éducation populaire. Temps d’échanges sur les risques et conséquences pour le secteur associatif.
  • Formulation des ripostes à envisager dans le contexte actuel: débat mouvant traitant des recours juridiques et des marges de manœuvre du militantisme en secteur subventionné.
  • Conclusion et échanges sur les possibilités de construction du rapport de force, ici et maintenant.

Contact : section locale ASSO-Solidaires 29 – asso29@syndicat-asso.fr

Communiqué Non au SNU

Que signifie cette obsession du réarmement ?

Ce début d’année 2024 est marqué par les déclarations du président de la République et de plusieurs ministres sur la nécessité d’un « réarmement civique et moral » de la jeunesse. Que les membres du gouvernement donnent des leçons de morale pourrait prêter à sourire !

Mais ce qui pointe derrière ce « réarmement civique » est autrement plus sérieux :

« Le sens du devoir, il n’est pas inné, il s’apprend, il se développe, il s’entretient. Et oui, le Service national universel permet cela. Nous devons nous rappeler que nous avons un destin commun, peu importe d’où l’on vient, où on habite, qui l’on est. »

Prisca Thévenot, alors Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et au SNU ; aujourd’hui porte-parole du gouvernement

C’est toujours le même roman : riche ou pauvre, exploiteur ou exploité∙e, policier armé ou jeune discriminé, résident∙e d’un quartier privilégié ou habitant∙e d’une banlieue à l’abandon, chômeuse sans droit ou rentier, etc., nous aurions « un destin commun », les mêmes intérêts à défendre…

Nous refusons, dénonçons et combattons cette politique réactionnaire et le SNU qui la sert.

Il y a aussi le « réarmement militaire », qu’illustre la loi de programmation 2024-2030 augmentant le budget des Armées, tous les ans, de 3 à 4 milliards d’euros, soit 413 milliards de dépenses militaires sur la période.

Colonialisme et impérialisme sont à l’origine de guerres dans plusieurs régions du monde ; nous soutenons la résistance des peuples opprimés, leur droit à vivre en paix et à l’autodétermination. L’explosion des dépenses militaires dans de nombreux pays ne servira pas ces buts ; bien au contraire.

Par ailleurs, les responsables militaires ne s’en cachent pas : ils espèrent que le SNU amènera plus de vocations militaires !

Nous refusons, dénonçons et combattons cette politique militariste et le SNU qui la sert.

« Je souhaite, en tant que secrétaire d’État à la Jeunesse et au SNU, que ce Service national universel devienne un passage républicain pour chaque jeune de notre nation. Donc oui, je souhaite qu’il soit généralisé »

A indiqué, le 5 janvier, Prisca Thévenot.

Nous, nous soutenons les jeunes qui s’engagent pour lutter contre le racisme, pour que cesse la destruction de la terre, pour défendre leur droit à étudier, pour le partage des richesses, pour le droit au logement, pour l’égalité des droits et contre les discriminations, etc. Nous refusons la militarisation de la société. « Donc, oui, nous refusons le SNU ! »

Comme le disent les syndicats de l’Education nationale, « les élèves ont besoin d’école, pas de SNU ».

Le 10 janvier 2024

Le Service national universel que le gouvernement veut rendre obligatoire pour les jeunes de 16 ans

Une opération de soumission de la jeunesse : il s’agit d’inculquer un esprit d’obéissance aux règles, un respect absolu des normes… Règles et normes qui, pour la plupart, ne visent qu’à perpétuer les inégalités et injustices inhérentes à l’organisation actuelle de la société. Cette volonté de soumission passe aussi par un contrôle renforcé, notamment à travers la mise en fiches de tous les jeunes de 16 à 25 ans ; on sait comment ce genre de fichier peut être utilisé ! Volonté de soumission, enfin, car elle ne reconnaît comme « engagement » des jeunes que les dispositifs étatiques.

La remise en cause des droits des travailleurs et travailleuses : les jeunes du SNU seront utilisé/es pour remplacer des emplois aujourd’hui occupés par des employé/es qui ont un salaire, une convention collective ou un statut, la possibilité de s’organiser syndicalement, des droits individuels et collectifs. Avec le SNU, chaque année, 800 000 jeunes seront exploité/es, sans aucun de ces droits, pour des durées variables ; ils et elles seront très vivement encouragé.es à poursuivre leur « engagement volontaire » par un service civique, dans les mêmes conditions de précarité.

Des dépenses considérables : plusieurs milliards d’euros par an, selon les derniers rapports du Sénat. Ces milliards seraient bien plus utiles pour le service public de l’Éducation, qu’aux mains des militaires !

Le renforcement de la militarisation. Encadrement militaire, levée du drapeau, chant guerrier, uniforme, parcours du combattant, raid commando, etc. contribueront à l’endoctrinement des jeunes. La propagande visera à banaliser encore plus le rôle de l’armée, alors que celle-ci est en pointe dans la répression, sur le territoire français, dans les colonies et diverses régions du monde. Sans surprise, il n’est nullement question dans le programme de pacifisme, de non-violence, ni de remise en cause du rôle de l’armée.


Le gouvernement nous dit : Il faut que les jeunes s’engagent. Mais c’est déjà le cas ! Ils et elles s’engagent pour lutter contre le racisme, pour que cesse la destruction de la terre, pour défendre leur droit à étudier, pour le partage des richesses, pour le droit au logement, pour l’égalité des droits et contre les discriminations, etc. Ce n’est pas à l’État de les forcer à s’engager ! Comment peut-on parler d’apprendre la citoyenneté, lorsqu’on confie l’encadrement à l’armée (qui, par ailleurs, n’était pas demandeuse) ? Non au SNU ! Abrogation du SNU !


Campagne unitaire contre le SNU : Union pacifiste, Union syndicale Solidaires, ASSO-Solidaires, Solidaires Lycéen·nes région parisienne, Fédération Solidaires Étudiant·e·s, Fédération SUD éducation, SUNDEP Solidaires Sud Enseignement privé, Solidaires Jeunesse et Sports, Fédération SUD Collectivités territoriales, Fédération Éducation de la Confédération Nationale du Travail, CNT Santé, Éducation, Social et Territoriale de Lorraine, Syndicat unifié du bâtiment de la région parisienne de la Confédération Nationale du Travail, Fédération éducation/recherche de la CNT-SO, Émancipation tendance intersyndicale, SUD Luttes De Classes – éducation, Les Jeunesses Syndicalistes, Mouvement National Lycéen, Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, La Voix lycéenne, Union Etudiante, Fédération nationale de la Libre Pensée, Droits Devant !!, Ni guerres ni état de guerre, Causes communes, Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre, Réseau des Centres de Recherche, d’Etude et de Formation à l’Animation et au Développement, Mouvement de la paix, ATTAC-France, Stop Fuelling War, Abolition des Armes Nucléaires – Maison de Vigilance, Mouvement de l’Objection de Conscience Nancy, GRATLIB, Queer Education, Fédération Nationale Laïque des Amis des Monuments Pacifistes, Mouvement pour une Alternative Non-violente, Unjourlapaix, Association Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA), Parti Communiste des Ouvriers de France, Europe Écologie – Les Verts, Fédération Anarchiste, Union Communiste Libertaire, L’insurgé, Les Jeunes écologistes, Union des Jeunes Révolutionnaires, Union Prolétarienne ML, Unité Communiste de Lyon, Groupe libertaire Jules Durand, Pour une Ecologie Populaire et Sociale, Mouvement Résilience, Alternatives et autogestion, Cercle 49, Radio-Libertaire, Revue Silence, Cerises la coopérative, Questions de classes, L’Allume-Feu, Editions du Chemin Creux, Arc en ciel théâtre réseau coopératif, Toustes en Colo Collectifs locaux unitaires Non au SNU Nantes, Saint-Nazaire, , Lyon, Bordeaux, Angoulême, Nancy, Chambéry, Hérault, Vendée, Marseille, Var, Vosges, Corrèze…

Pour rejoindre le collectif : nonsnu@lists.riseup.net