Mobilisation des salarié.é.s de l’association MANA contre la « dictathune » du groupe SOS

Mobilisation des salarié.é.s de l’association MANA contre la « dictathune » du groupe SOS

Ce qui arrive à Mana et à ses salarié.e.s est le triste exemple de ce qui pourrait arriver à de nombreuses autres associations.

Comme toutes les associations, MANA faisait face depuis quelques années à des difficultés liées entre autre à la mutation des financements publics.

Sans prétendre qu’il n’y ait jamais eu un âge d’or du financement public des associations, il n’en reste pas moins que les subventions de fonctionnement et les aides à l’emploi des années 1990/2000 permettaient aux associations de réaliser leur projet, de se projeter sur le long terme, dans des conditions matérielles et humaines nettement plus favorables qu’aujourd’hui.

Leur remplacement par des appels à projets a mis les associations en concurrence. Elle contraint les salarié.e.s à passer plus de temps à demander des financements pour les projets et à les justifier qu’à exercer leur métier sur le terrain, au contact des publics. Elle réduit considérablement la capacité à penser des actions sur le long terme, ce qui est particulièrement dommageable dans les secteurs sanitaire, social, culturel et éducatif.

Ces difficultés que connaissent toutes les associations ont poussé MANA à se tourner vers le groupe SOS, afin ‘ daméliorer la gestion de l’association et les conditions de travail des salarié.e.s.

C’est l’exact opposé qu’ont vécu les salarié.e.s depuis 18 mois : dévalorisation des compétences, rigidification des rapports, autoritarisme, mise en place de procédures de contrôle, non renouvellement de CDD, licenciements en cascades… Il ne fait pas bon avoir trop de revendications salariales chez SOS.

Mais qui est SOS ?

Un groupe, qui revendique 500 établissements,  17 000 salarié.e.s, 1,7 millions de bénéficiaires et près d’un milliard d’euros de chiffre d’affaire.

Le groupe est porteur d’un modèle associatif qui n’a plus rien de démocratique. Chaque association reprise voit ses statuts verrouillés : les bénévoles sont priés d’aller voir ailleurs, n’ont plus droit de vote aux AG et le CA est constitué de responsables nationaux du groupe, soigneusement choisis par la tête de SOS.

L’association se voit également imposée une direction, issue de ces grandes écoles qui forment de bons petits soldats à l’entreprenariat social, au social business, au capitalisme d’intérêt général comme le dit Mr Borello lui-même.

Dans le cas de MANA, cette direction entreprenariale se révèle incompétente dans la gestion de l’activité et ignorante des réalités du terrain des professionnel.le.s qu’elle prétend diriger.

Mais qu’attendre d’autre quand l’objectif affiché est  de parvenir à faire de l’argent avec les pauvres, les migrants, les personnes âgées ou handicapées ?

Aujourd’hui, c’est ce modèle qui tente de s’imposer à l’ensemble du secteur associatif et social. N’oublions pas que Mr Borello, fondateur du groupe SOS s’est activement impliqué dans la campagne d’Emmanuel MACRON , qu’il a rédigé pour sa ministre du travail un rapport qui a justifié la fin des Contrat Aidés, qu’il est aujourd’hui chargé de nommer les têtes de listes LREM aux Européennes, que son grand copain Jean-Christophe ITIER est haut commissaire à l’économie sociale et solidaire, nommé par Macron.

Et que le plan pour les associations, annoncé le 29 novembre par le secrétaire en charge de la vie associative (Gabriel ATTAL) va dans ce même sens : poursuite de la baisse des financements public au profit de financements privés, qu’il s’agisse d’entreprises ou de grandes fortunes.

Cette politique menée  depuis des années détruit le tissu associatif dans les villes, les quartiers, les campagnes et casse toujours plus les solidarités locales que les associations maintiennent encore, avec difficulté. Cette politique témoigne aussi d’une injonction toujours plus forte à se soumettre au marché et à la concurrence. Les associations et les initiatives solidaires sont sommées d’adopter le modèle lucratif et capitalistique, de s’endetter auprès des banques et des fonds d’investissement dominés par les multinationales, de séduire les grandes entreprises pour espérer quelques subsides.

Nous réaffirmons que le véritable enjeu est ailleurs. On ne peut pas faire l’impasse sur l’apport des associations à la promotion de l’intérêt collectif et à la défense de l’intérêt général. Les associations sont des espaces de démocratie, d’entraide et de pouvoir d’agir. Elles proposent des services de qualité à haute valeur humaine à toutes et à tous, et notamment aux personnes qui souffrent le plus du fractionnement de la société, de la disparition des services publics, des difficultés d’exercice de leurs droits sociaux et culturels.

Nous revendiquons  :

     – des associations indépendantes des pouvoirs financiers et du privé
     – le retour des financements de fonctionnement pour des emplois pérennes
     – la fin des contrats précaires
     – le retour de la pratique de la démocratie // que les associations appartiennent à leurs adhérents

 

SOS n’est pas le remède, c’est le poison ! 

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