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ASSO 34 (Hérault) : Une enquête sur les coupes de subvention dans les villes aux mains de l’extrême-droite dans le pourtour méditerranéen et une formation antifa en interpro

Nos médias indépendants locaux préférés se sont récemment allié·es pour sortir une enquête très fournie et précise, dont nous vous recommandons la lecture et dont voici l’en-tête :

Extrême droite municipale : couper, contrôler, faire taire… Une enquête collective dans le sud-est « L’une des prérogatives stratégiques des mairies est de verser des subventions aux associations locales. Comment l’extrême-droite utilise-t-elle ce pouvoir quand elle arrive aux manettes ? Nous avons analysé les comptes administratifs de 10 municipalités du sud-est pour cerner les stratégies à l’œuvre derrière les villes vitrines de la normalisation du Rassemblement national. Un travail de fourmis que nous mettons en libre service auprès des lecteurs et des citoyens. Une enquête collective réalisée par l’Arlésienne, la Marseillaise, Le Poing et Presse-papiers, le collectif de journalistes indépendants marseillaises et marseillais avec l’appui financier du Fonds pour une presse libre » https://lepoing.net/lepoing-net-extreme-droite-municipale-couper-controler-faire-taire-une-enquete-collective-dans-le-sud-est/

Il en résulte pas moins de 9 articles, s’intéressant aux réalités locales des 13 villes aux mains du RN dans le sud-est, ainsi qu’un travail important sur les données de subventions, uniformisées et mises en libre accès, permettant de s’en emparer facilement ! https://lepoing.net/datas-en-partage-les-subventions-depuis-larrivee-de-lextreme-droite-dans-10-mairies-du-sud/

Ici une infographie plutôt glaçante issue du travail d’enquête :

Focus sur Béziers

Attardons-nous sur l’Hérault avec la ville de Béziers et son très médiatique maire d’extrême-droite Robert Ménard, qui la dirige depuis déjà 12 ans…

La répression par le chantage fait taire les associations locales. Deux d’entre-elles en ont subi les frais en premier, pour cause de propos ou d’activités « trop politiques ».

  • Refus de prêt de salle municipale à une association œuvrant contre le racisme
  • Coupe de subventions ayant mené à la disparition d’un centre social de quartier populaire

Une militante associative locale anonyme résume dans l’article : « Ici c’est l’omerta, plus personne n’ose s’exprimer. Il ne faut surtout pas que nos associations soient assimilées à quoique ce soit de « politique » selon la mairie ». Nous avons très peu de camarades sur Béziers dans notre section locale, ce qui ne nous permet pas d’être très actif·ves sur cette lutte.

Pendant ce temps, une véritable bataille culturelle est menée. La mairie peut dérouler sa communication la plus crasse, à coup de centaines de milliers d’euros (près de 800k€ en 2020, plus que les subventions versées aux associations culturelles et sociales la même année). Une thèse développée par Richard Vassakos et son livre La Croisade de Robert Ménard: Une bataille culturelle d’extrême droite. Pour vous donner un ordre d’idée de ce qui se joue, voici ce qui est affiché sur les bus, les arrêts de bus, les panneaux publicitaire à Béziers et dans les journaux locaux:

Notre réponse syndicale

Notre UD a organisé deux jours de formation interprofessionnelle en février : « Agir syndicalement contre l’extrême-droite », où des camarades de VISA, de l’UD ainsi qu’un chercheur en histoire sont venu·es nous former sur le sujet. Dans le contexte plombant de la mort du néo-nazi à Lyon, se retrouver à une bonne cinquantaine a fait l’effet d’une bouffée d’air frais ! 2 camarades d’ASSO ont pu y assister et en sont ressortis avec une vision globale de l’extrême-droite française, de son antiféminisme prononcé et des liens poreux entre partis institutionnels et groupuscules violents. L’extrême-droite, mieux la connaître pour mieux la combattre !

ASSO 69 : Mobilisation contre la nuit du « bien commun »

ASSO 69 a interpellé l’ensemble des associations participantes pour leur demander de se retirer de l’évènement lyonnais, en transmettant des informations et explications sur les enjeux de ce gala de charité.
Plusieurs organisations dont la Section Carrément Anti-Stérin (SCAS) locale ont interpellé les pouvoirs publics et la multinationale lyonnaise GL Events, qui gère en délégation de service public le Centre des congrès où se tenait l’événément, pour exiger son annulation, en vain.

Solidaires Rhône et ASSO 69 ont participé à l’organisation d’un rassemblement inter-orgas avec notamment les Soulèvements de la terre, à plusieurs centaines de mètres du lieu où la Nuit avait lieu : https://www.solidairesrhone.org/spip.php?article1260

Le rassemblement a réuni environ 150 personnes, avec une prise de parole notamment d’ASSO 69 sur le contexte austéritaire dans l’associatif. Une membre d’une association participant à la NBC, après avoir reçu nos mails, est venue au rassemblement s’informer et écouter nos prises de parole. Son association n’est pas allée jusqu’à annuler sa participation mais ces mails ont provoqué beaucoup de débats internes dans les quelques associations participantes ne faisant pas partie de la galaxie de l’extrême-droite.

Le rassemblement s’est poursuivi par une manif sauvage festive avec la Fanfare à manif, jusqu’au lieu de l’événement. La police lyonnaise étant toujours bien préparée pour nous empêcher d’accéder au plus près des lieux d’organisation de l’extrême-droite, la manif sauvage a déambulé tout autour du lieu de l’événément.

Mais à l’intérieur même du bâtiment où se tenait la nuit du bien commun, une odeur démoniaque est venue troubler la fête, provoquant de nombreux départs !

ASSO 33 – Nuit du bien commun : une procédure bâillon contre ASSO 33

Comme d’autres sections en France, ASSO 33 s’est mobilisée contre l’organisation de la Nuit du bien commun à Bordeaux le 10 décembre dernier. La section a réutilisé des outils partagés par des camarades (merci à ASSO 13 et 37 notamment !) pour faire entendre sa voix face à l’instrumentalisation de ce pseudo gala caritatif par l’extrême-droite : une pétition* en ligne pour demander l’annulation de l’événement par la Chambre de commerce et de l’industrie (signée par près de 1500 personnes) et des mails envoyés aux associations lauréates pour les inciter à se retirer de la Nuit du bien commun.

Après quelques jours, nous avons appris le retrait de l’une des associations participantes, une belle victoire ! Mais la célébration fut de courte durée : deux camarades ont été contactées par la préfecture de police de Bordeaux, leur apprenant que cette association portait plainte contre ASSO Solidaires pour « entrave concertée à la liberté de réunion ». 

Un motif loin d’être anodin, puisqu’il fait écho à une rhétorique bien rodée de l’extrême-droite face à l’exercice de nos libertés syndicales et associatives, et qui laisse peu de doute sur le fait que l’organisation elle-même de la Nuit du bien commun soit derrière cette plainte.

L’affaire a eu au moins un impact médiatique, puisque de nombreux articles ont relayé l’information de cette plainte et des mobilisations contre la tenue de la Nuit du bien commun, en soulignant ses liens avec la galaxie Stérin et la société Obole. Quelques deux cents personnes sont venues manifester devant le Palais de la Bourse qui accueillait l’événement, en scandant en cœur des slogans antifascistes.

Sans surprise, la plainte a été classée sans suite un mois après l’organisation de la Nuit du bien commun. Néanmoins, une camarade a bien été entendue par la préfecture de police et la section a consulté un avocat pénaliste pour s’assurer de la démarche opportune à suivre.

La plainte a clairement eu un impact négatif sur notre liberté de communiquer et de se mobiliser face à cet événement, la section craignant que l’affaire ne prenne une ampleur plus importante.

Il est important de souligner que le parquet a fait le choix d’instruire cette plainte alors qu’aucun délit n’était identifiable dans la déposition, l’évènement n’ayant pas encore eu lieu et ne pouvant de ce fait pas être entravé. Le procureur a donc participé au jeu de l’extrême droite, dans sa pratique désormais courante de « procédure baillon ».

Le fascisme s’organise chaque jour davantage pour entraver notre liberté d’expression et de mobilisation en tant que syndicat et citoyen·nes. Face à cette menace croissante, partageons nos modes d’action et organisons-nous pour ne pas céder aux intimidations de la peste brune!  

Contact : asso33@mailo.com

Notes

Liens vers la pétition en ligne sur Change.org

https://www.lejdd.fr/Societe/nuit-du-bien-commun-menacee-de-censure-la-liberte-de-reunion-en-peril-163890

Communiqué du 10 décembre 2025 https://cloud.syndicat-asso.fr/f/1247109