Associations : on arrête tout les 31 octobre, 4 novembre et à partir du 5 novembre, tant qu’il le faudra !
Alors que les lycéen·nes se battent pour étudier dans des classes dignes,
Alors que les prix grimpent et que nos salaires n’ont pas suivi,
Alors que l’État coupe dans les budgets, mais pas dans les cadeaux aux plus riches,
Alors que la répression est la seule réponse de l’État aux revendications
Nous, travailleureuses du secteur associatif disons stop !
Ce qui arrive aux lycées arrive à nos associations
Manque de personnel, locaux qui s’effritent, équipes à bout : les lycéen·nes décrivent ce que nous vivons dans nos structures. Ce n’est pas un hasard. L’austérité qui détruit les lycées est la même qui détruit nos emplois.
Depuis des années, l’État se décharge sur les associations de ce qu’il ne veut plus assumer : accueil des enfants, insertion, aide aux plus fragiles, sport, culture. Il le fait au moindre coût, puis il réduit les financements. Résultat : 2,2 milliards d’euros de subventions perdus depuis 2024, plus de 12 000 emplois supprimés dans l’économie sociale et solidaire, une association sur deux en difficulté. Un plan social silencieux, dont personne ne parle, alors que nous sommes 1,9 million de salarié·es.
Ce n’est pas un manque d’argent. C’est un choix politique. Les entreprises du CAC 40 ont versé 100 milliards d’euros de dividendes en 2024. L’argent existe : il est mal réparti !
Précaires par construction
Pendant ce temps, on nous demande de faire plus avec moins, et on nous met en concurrence. Les appels à projets obligent les associations à se battre pour des financements de quelques mois. Les « contrats à impact social » laissent des investisseurs privés décider quelles solidarités sont rentables.
Dans nos métiers, cela donne :
- des salaires qui ne permettent plus de finir le mois ;
- des animateur·rices payé·es environ 52 € par jour (le « contrat d’engagement éducatif ») pour des journées de plus de 11 heures ;
- des temps partiels à 10 heures par semaine, des journées coupées, des doubles coupures ;
- des volontaires en service civique ou des salarié·es en contrat aidé qui font le travail de vrais postes, sans les droits qui vont avec ;
- des collègues qui partent et ne sont pas remplacé·es.
Nous sommes une des variables d’ajustement des budgets publics. Ça suffit !
Ce qu’on veut
- Des salaires qui permettent de vivre, augmentés et indexés sur les prix.
- Des financements durables pour les associations, plutôt que des appels à projets, et un budget juste pour les services publics, financé par la taxation des superprofits.
- Un vrai contrat pour tout le monde : un CDI, une convention collective, et la fin des contrats au rabais.
- Du pouvoir pour les salarié·es : le droit d’avoir des représentant·es du personnel, même dans les petites structures.
- La liberté d’agir : fin du « contrat d’engagement républicain », qui permet de couper les subventions aux associations qui déplaisent.
- Droit de véto des salarié.es aux instances décisionnaires des associations sur tout point qui concerne les conditions de travail
Les dates
- Samedi 31 octobre : dans la rue avec la jeunesse et le mouvement contre la vie chère.
- Mercredi 4 novembre : grève de la branche ÉCLAT (animation, périscolaire, centres sociaux, éducation populaire). L’animation est le laboratoire de la précarité : 42 % de CDD, 53 % de temps partiel, 30 % de salaire en moins que la moyenne. Il est temps d’ouvrir de vraies négociations salariales.
- Jeudi 5 novembre : grève dans tous les secteurs. Tout le secteur associatif est appelé à s’arrêter.
- Jusqu’à fin décembre : Nous appelons à tout arrêter tant que nous n’aurons pas obtenu satisfaction
Une journée ne suffira pas : on reconduit !
On le sait : une journée de grève, on la compte dans le meilleur des cas, et on l’oublie. Ceux qui nous dirigent comptent sur notre fatigue. Ils n’ont peur que d’une chose : que le pays s’arrête.
Le 5 novembre doit donc être un point de départ. Pour tenir, on s’organise dès maintenant :
- Faisons des assemblées générales, dans nos structures et entre collègues de différentes associations. Pas besoin d’être syndiqué·e ni de s’y connaître. Les grévistes décident ensemble de continuer.
- Montons des caisses de grève, pour que les plus précaires puissent tenir.
- Parlons à nos collègues, aux bénévoles, aux parents, aux usager·es. Plus on est nombreux·ses, plus on est fort·es !
Notre préavis couvre toutes et tous les salarié·es de l’associatif, quel que soit leur contrat : on peut faire grève en CDD, en CEE, en contrat aidé ou en CDI, du 31 octobre jusqu’au 31 décembre 2026.
Un doute ? Contactez-nous, on vous répond.
Nos associations tiennent debout grâce à nous. Le 5 novembre, on s’arrête. En grève jusqu’à la victoire !

ASSO-Solidaires – Union syndicale Solidaires – 31 rue de la Grange-aux-Belles, 75010 Paris – contact@syndicat-asso.fr