Comme d’autres sections en France, ASSO 33 s’est mobilisée contre l’organisation de la Nuit du bien commun à Bordeaux le 10 décembre dernier. La section a réutilisé des outils partagés par des camarades (merci à ASSO 13 et 37 notamment !) pour faire entendre sa voix face à l’instrumentalisation de ce pseudo gala caritatif par l’extrême-droite : une pétition* en ligne pour demander l’annulation de l’événement par la Chambre de commerce et de l’industrie (signée par près de 1500 personnes) et des mails envoyés aux associations lauréates pour les inciter à se retirer de la Nuit du bien commun.
Après quelques jours, nous avons appris le retrait de l’une des associations participantes, une belle victoire ! Mais la célébration fut de courte durée : deux camarades ont été contactées par la préfecture de police de Bordeaux, leur apprenant que cette association portait plainte contre ASSO Solidaires pour « entrave concertée à la liberté de réunion ».
Un motif loin d’être anodin, puisqu’il fait écho à une rhétorique bien rodée de l’extrême-droite face à l’exercice de nos libertés syndicales et associatives, et qui laisse peu de doute sur le fait que l’organisation elle-même de la Nuit du bien commun soit derrière cette plainte.
L’affaire a eu au moins un impact médiatique, puisque de nombreux articles ont relayé l’information de cette plainte et des mobilisations contre la tenue de la Nuit du bien commun, en soulignant ses liens avec la galaxie Stérin et la société Obole. Quelques deux cents personnes sont venues manifester devant le Palais de la Bourse qui accueillait l’événement, en scandant en cœur des slogans antifascistes.
Sans surprise, la plainte a été classée sans suite un mois après l’organisation de la Nuit du bien commun. Néanmoins, une camarade a bien été entendue par la préfecture de police et la section a consulté un avocat pénaliste pour s’assurer de la démarche opportune à suivre.
La plainte a clairement eu un impact négatif sur notre liberté de communiquer et de se mobiliser face à cet événement, la section craignant que l’affaire ne prenne une ampleur plus importante.
Il est important de souligner que le parquet a fait le choix d’instruire cette plainte alors qu’aucun délit n’était identifiable dans la déposition, l’évènement n’ayant pas encore eu lieu et ne pouvant de ce fait pas être entravé. Le procureur a donc participé au jeu de l’extrême droite, dans sa pratique désormais courante de « procédure baillon ».
Le fascisme s’organise chaque jour davantage pour entraver notre liberté d’expression et de mobilisation en tant que syndicat et citoyen·nes. Face à cette menace croissante, partageons nos modes d’action et organisons-nous pour ne pas céder aux intimidations de la peste brune!
Contact : asso33@mailo.com
Notes
Liens vers la pétition en ligne sur Change.org
https://www.lejdd.fr/Societe/nuit-du-bien-commun-menacee-de-censure-la-liberte-de-reunion-en-peril-163890
Communiqué du 10 décembre 2025 https://cloud.syndicat-asso.fr/f/1247109