Asso 13 – Intersyndicale 1 / Stérin 0 : la recette qui a permis de faire annuler le gala de charité réac à Aix en Provence

Dans le 13, on a obtenu une belle victoire face aux Nuits du Bien Commun avec l’annulation du gala prévu à Aix en Provence et son repli en visio. On vous partage quelques ingrédients de ce succès.

Campagne de spam, contre-rassemblement et grève surprise

C’est en juin dernier qu’on a appris la mauvaise nouvelle : le 6mic, salle de concert emblématique d’Aix en Provence, en délégation de service public, allait accueillir la Nuit du Bien Commun le 6 octobre.

Un gala de charité réac dans un lieu culturel financé par de l’argent public ? Certainement pas ! Les camarades d’Asso 13 et d’autres syndicats, collectifs et personnes bien décidées à empêcher la tenue de ce gala, ont retroussé leurs manches : prise de contact avec la direction du 6mic pour leur demander d’annuler la soirée et mails aux salarié·es de la salle pour les inviter à faire pression sur leur direction et/ou faire grève. Tout ce beau monde se disait bien embêté de la tenue de l’évènement mais on a vite compris qu’il ne fallait pas compter sur elleux pour empêcher sa tenue. Idem pour les associations lauréates, dont on n’a étrangement reçu aucune réponse suite à nos alertes quant aux liens de leur financeur avec l’extrême droite.

On s’est donc rendu à l’évidence : il fallait compter sur une annulation le jour même. On s’est donc concentré·es sur l’organisation d’un contre-rassemblement le jour J. Puis à J-5, quelques militant·es ont annoncé une surprise supplémentaire : 8 personnnes s’étaient fait embaucher pour le montage de la soirée, afin de se mettre en grève et perturber l’installation.
Une trentaine de camarades ont été mis dans la confidence pour venir en soutien des grévistes dès l’annonce de leur débrayage et constituer un piquet de grève devant la salle.

Une journée de longue haleine jusqu’à la victoire

Le 6 octobre au matin, la petite équipe conviée sur le piquet de grève était chauffée à blanc. Peut-être que l’annulation allait être actée dès l’annonce du débrayage à 8h ? On a malheureusement dû calmer nos ardeurs. Quand les grévistes ont annoncé leur débrayage, iels ont vite compris que cela n’allait pas mettre en difficulté le montage du gala (vous ne serez pas étonné·es d’apprendre que Stérin a les moyens de sur-staffer les équipes de montage des Nuits du Bien Commun). On va pas vous mentir : ça a été la soupe à la grimace.

Il a fallu attendre l’après-midi pour que tout s’accélère. Les camarades grévistes sont allé·es occuper la scène du 6mic et ont informé leur supérieur hiérarchique qu’iels comptaient bien y rester jusqu’à la fin de leur journée de travail prévue à 2h du matin. Pas moins de trois émissaires (le directeur d’une association lauréate, un mécène et une membre des renseignements territoriaux) se sont alors succédés pour tenter de les déloger, en arguant de la prétendue illégalité de cette grève et sous menace d’intervention des forces de l’ordre. Les camarades connaissant parfaitement leur droit et ne manquant pas de répondant n’ont pas flanché.

Pendant ce temps devant le 6mic, le piquet de grève tenait bon, le contre-rassemblement commençait à se former à quelques encablures et plus d’une vingtaine de camions de CRS était en train de boucler les alentours du site.

Drôle d’ambiance pour accueillir des mécènes en costard cravate et robe de soirée n’est-ce pas ? Mais il semblerait que les organisateur·ices de la soirée n’aient pas trouvé ça rigolo car iels ont fini par annoncer l’annulation de la soirée en présentiel, et son repli en visio une heure avant le début des festivités. Hourra !!

Le contre-rassemblement s’est alors transformé en un joyeux comité d’accueil des camarades grévistes, au son des slogans créés tout spécialement pour l’occasion :

  • “Pas de quartier pour les fachos, pas de Stérin dans nos assos”
  • “Pierre-Edouard paye tes impôts, ca fera des sous pour les assos”
  • “Stérin, Stérin, on en veut pas de ton bien commun”
  • “Le bien commun de Stérin, on n’en veut pas”

C’est quand qu’on remet ça ?

Depuis cette belle victoire, une question nous taraude : est-ce que cette mobilisation était un coup d’éclat rendu possible par la figure odieuse de Pierre-Edouard Stérin ? Ou alors est-elle un marqueur d’un regain d’intérêt pour la lutte antifasciste ? On a certainement pas assez de recul pour le dire.

Mais en tout état de cause, on ressort de cette mobilisation avec de beaux enseignements :

  • On peut mener des luttes collectives victorieuses, en faisant du lien avec des militant·es pas seulement syndical·aux.
  • La grève (surprise) ça marche.
  • La décision d’annulation d’un évènement prévu dans un site en délégation de service public ne relève pas de sa direction et doit être autorisée par la collectivité délégataire ; les travailleur·euses oeuvrant pour les Nuits du Bien Commun sont des prestataires et non pas les salarié·es des lieux.

ASSO 13